lundi 17 avril 2017

Résurrection


Il n'a rien de plus poétique, donc de plus révolutionnaire et de plus subversif que Pâques. 
C'est un changement d'état à priori impossible, une traversée inimaginable, un renversement insensé comme un poème qui serait parfaitement  réussi. 
Il faut donc  se rappeler que le Christ n'est pas seulement le révolutionnaire beatnik si doux de l'Evangile, qui aime les enfants, les malades, les putains, les voleurs, les migrants, les assassins et même les flics: il est celui qui traverse la mort pour nous dire qu'il ne faut pas avoir peur, aussi atroce soit l'expérience du passage.
Le Christ est le Poète et le Voyageur absolu. Il est Orphée et Ulysse, mais un Orphée qui aurait ramené Eurydice, un Ulysse qui n'aurait pas besoin de massacrer les prétendants après l'expérience des Enfers et de l'Oubli.
Le Christ revient, comme eux, légèrement ébloui par la clarté du matin. 
Tout peut commencer, tout peut recommencer. 
L'amour, la révolution, la victoire sur la peur et le temps, sur la peur du temps. 
La Résurrection est une expérience communiste qui réussit: l'homme nouveau ne nie pas l'homme ancien, l'homme nouveau sait juste que maintenant, il est à la plage, pour toujours et que celle qui sort de l'eau et vient vers lui en pressant ses cheveux, l'enveloppera bientôt de cette fraîcheur salée qui s'appelle la Vie. 
Et que ça durera pour toujours, pour toujours...