dimanche 31 août 2014

Merci l'Huma Dimanche...

qui paraît le jeudi, comme chacun sait.



samedi 30 août 2014

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 16

Congrès international de la peur

Provisoirement nous ne chanterons pas l'amour,
qui s'est réfugié plus bas que les souterrains.
Nous chanterons la peur, qui rend stériles les embrassades,
nous ne chanterons pas la haine car elle n'existe pas,
seule existe la peur, notre mère et compagne,
la grand-peur des sertôes, des mers, des déserts,
la peur des soldats, la peur des mères, la peur des églises,
nous chanterons la peur des dictateurs, la peur des démocrates,
nous chanterons la peur de la mort et la peur d'après la mort,
et puis nous mourrons de peur
et sur nos tombes pousseront des fleurs jaunes et craintives.


Carlos Drummond de Andrade

vendredi 29 août 2014

50

Et merde...

jeudi 28 août 2014

Pirotte, donc.

"Ne raconterait-on que ses manies anciennes, ses souvenirs de lectures, et, pour en retrouver un instant la saveur, ses émerveillements des temps candides, est-ce que cela déjà ne nous absoudrait pas, ou presque?"

Jean-Claude Pirotte, Rue des Remberges (Le temps qu'il fait)

Propos comme ça, 8




 "amis je vous écris simplement pour vous dire que vous
 et moi sommes encore en vie:
 il ne faudrait pas perdre la chose de vue"
Daniel Biga, L'amour d'Amirat (Cherche-Midi)



Il est tout de même bizarre, ce monde. Dans la même après-midi, lire Daniel Biga qui me donne envie de prendre la route et une déclaration de Gattaz qui me donne envie de poser une bombe. En plus, je sens bien que la météo des plages va s'arrêter à la téloche. Et ça, ça m'a toujours foutu un cafard monstre.



Medef est servi.


Pour la rentrée scolaire, petit exercice de révision.
Conjuguez aux temps et aux modes qui conviennent les verbes entre parenthèses: "Nous (avoir payé) les études du ministre-banquier Macron à l'ENA pour qu'il (aller) se faire des couilles en or en pantouflant chez Rotschild et nous (être) de vrais cons."


Vous êtes Français? Vous êtes délinquant? Choisissez une carrière d'avenir. Faites vous nommer à la tête du FMI.


Quand tu voles à un étalage, t'es un délinquant allogène islamisé. Quand tu truandes un arbitrage dans ton ministère pour un patron véreux, tu es "négligent."


Christine Lagarde mise en examen pour négligence dans l'arbitrage Tapie. Une dame si bien coiffée.


-NVB à l'éducation nationale, tu ne vas pas me dire que...
-Tais-toi, raciste, misogyne, affreux!
-Mais Macron à l'économie qui vient directement de la banque Rothschild...
-Et en plus, t'es antisème! Salopard, islamiste, Gazaoui!


En ne faisant pas entrer Edgar Faure et Robert Fabre, Valls prouve bien qu'il tourne le dos à la gauche. 


Valls, lecteur de Chamfort: "Vous ne trouverez pas d'homme plus valet que moi." 
   


mercredi 27 août 2014

Merci Livre-Hebdo!

Dans Livre-Hebdo de cette semaine, Alexandre Fillon annonce la parution de L'Ange Gardien, le 4 septembre, dans un bel article qu'il termine par un compliment à faire rougir:"Parfaitement orchestré, "L'ange gardien" parle tout à la fois d'amour, de politique et de mélancolie. On y retrouve la prose affûtée et le regard singulier d'un Jérôme Leroy au sommet de sa forme".

mardi 26 août 2014

Décence

A la nomination du gouvernement Valls II et à celle d'Emmanuel Macron au ministère de l'économie et de la banque, le Medef a su adopter une réaction aussi décente que mesurée.

lundi 25 août 2014

La France vient d'échapper de peu à un pustch marxiste

La nuit où Valls sauva la République
Cette nuit, la France a évité le putsch de peu. Sans la fermeté du président Hollande et de son Premier ministre Valls, le complot bolchévique mené par les ministres félons Montebourg, chargé de l’Economie, et Hamon de l’Education nationale,  aurait pu infléchir la politique économique de la France dans une direction suicidaire. Alors qu'il suffit d’attendre que la conjoncture se retourne, comme dit Michel Sapin depuis quelques années maintenant, qui sait parfaitement mouiller son doigt pour sentir d’où vient le vent, ce qui est la première compétence demandée à un ministre des Finances français en ces temps d’ordolibéralisme européen. On a d’ailleurs une pensée pour Michel Sapin, voisin de bureau de Montebourg, qui doit soupirer de soulagement ce matin car si le putschiste Montebourg avait réussi, il aurait bien pu se retrouver en résidence surveillée dans sa bonne ville d’Argenton-sur-Creuse, bien qu’il ait presque trouvé le moyen de la perdre aux dernières municipales.
Si vraiment on cherchait la petite bête, la seule chose que l’on pourrait reprocher au tandem de l’exécutif, c’est d’avoir si longtemps entretenu de telles vipères en leur sein, et à des postes aussi sensibles. Hamon, au contrôle de la jeunesse à travers ses milices syndiquées de profs barbus d’économie prônant le tout-Etat et de profs féministes de SVT cherchant à pervertir les enfants dans l’indifférenciation sexuelle. Montebourg, en mesure de contrôler tout Bercy et d’imposer un discours irresponsable auprès duquel la NEP de Lénine ferait figure de bluette. Qu’a osé dire en effet Montebourg, alors qu’il réunissait ses amis factieux dans la Bresse ? Des menteries, des coquecigrues, des billevesées déguisées sous le masques de truismes qu’il aurait voulu faire passer pour du bon sens : « La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l’offre qui a été faite depuis deux ans. On ne peut rien vendre aux Français s’ils n’ont pas des revenus suffisants” Et puis quoi encore, alors que chacun sait que seule la politique de l’offre est responsable. Le président en a même fait un pacte. Plus loin encore, Montebourg éructe : « Il faut donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l’austérité et à la montée continue du chômage.” Il est dur d’aller plus loin dans l’impudence. La réduction des déficits est un impératif catégorique sinon après, c’est nos enfants qui hériteront de la dette et qui n’auront plus d’hôpitaux, d’écoles ou de retraite comme les petits Grecs. Bon, en même temps, les Grecs, ils ont réduit les déficits et ils n’ont quand même plus d’école, de retraite et de Sécu mais ne compliquez pas tout, voulez-vous ?  Vous n’allez tout de même pas inverser les rôles et accuser les pragmatiques Valls et Hollande d’être enfermés dans une idéologie alors que ce sont Hamon (qui avait rejoint son compère à la Fête des traîtres) et Montebourg qui ont une vision faussée de marxistes attardés ou de keynésiens intégristes, allez savoir.
Mais leur manœuvre a été déjouée. François Hollande, qui connaît bien l’histoire, a été alerté par l’interview de Montebourg dans Le Monde qui lui a sans doute rappelé  comment s’est déclenché la Révolution Culturelle de Mao à partir d’un simple article critiquant une pièce de théâtre dans un journal de Shanghaï.  La réaction ne s’est pas fait attendre, c’est bien. Il y aura des têtes sur le plateau que Valls apportera aux prochaines journées du Medef.  Avec un peu de chance, celle de l’inconséquente Aurélie Filippetti qui a apporté son soutien aux rebelles alors qu’elle n’est même pas capable de tenir ses intermittents et de Christine Taubira, grande responsable du vidage des prisons et de la décadence de nos mœurs qui en plus est également partisane d’une économie planifiée, de celle par exemple qui paupériserait les Français au point que moins d’un sur d’eux ne parte en vacances.
On ne félicitera pas pour conclure monsieur Dupont-Aignan qui accuse l’exécutif d’avoir procédé à cette purge pour complaire à Madame Merkel. C’est tout à fait faux et déplacé. D’après nos informations, la chancelière n’a montré aucune exigence particulière sur la couleur des moquettes que choisira le futur ministre de l’Economie pour son bureau.
paru sur Causeur.fr

jeudi 21 août 2014

L'Ange Gardien dans Transfuges, en attendant le 4 septembre

On remercie Elise Lépine pour sa "précritique" diablement bien tournée dans Transfuges de septembre 2014 en kiosque depuis la mi-août.



mardi 19 août 2014

Propos comme ça, 7

Catherine Spaak, nue, lisait Les Présocratiques en Pléiade sur la plage.
Quand elle s'est aperçue que je la regardais avec insistance, elle m'a demandé comment je m'appelais.
-Empédocle, j'ai dit. Et j'ai perdu une espadrille...
Après tout, qui ne tente rien n'a rien.


Ce que je préfère, c'est le Bushmills et le Chinon. L'année prochaine, penser à aller en vacances moins loin, dans l'Eire et Loire par exemple.


CFDT: l'idole des jaunes.


Petite annonce: cherche, pour les dix ans à venir, pays oublié du monde, au climat chaud et sec, pourvu d'une façade maritime où l'on danse sur les plages, sans crispations ethnico-religieuses, sans inégalités sociales criantes, produisant si possible un vin loyal et doté d'une monnaie faible. Répondre ici même.

  
Vous vous souvenez de l'époque où il y avait des gens de gauche? 


Un document rare, repéré par notre ami le baron rouge. On vous reparlera de lui. Je crois qu'on atteint des sommets de bêtise, de connerie, de nullité littéraire (c'est le plus grave) et de saloperie idélogique. Lisez-le attentivement. Qu'on ne vienne plus jamais, jamais m'emmerder avec "Oui mais Aragon et son poème pour la guépéou, nia, nia, nia." Au moins, c'était dada et drôle. Là c'est prudhommesque, voire présénile. 


A quelque chose malheur est bon. L'ordolibéralisme merkélien aura fait disparaitre presque totalement le touriste allemand. Soit parce que la modération salariale germanique n'est pas un vain mot, soit parce que l'Allemand en chorte n' a pas vraiment envie d'éprouver la popularité de sa chancelière sur le terrain. 


Devant le bel immeuble des camarades du KKE, au Pirée. Je ne dis pas qu'ils ne sont pas un peu stals, je ne dis pas qu'ils ne sont pas parfois un peu psychorigides à l'idée d'une allliance avec Syriza. Non, c'est juste que ce sont des camarades. Et qu'il y a un peu moins de quarante ans, ils luttaient encore dans la clandestinité contre la dictature des Colonels.
 


samedi 16 août 2014

...un poème par jour.

"J'avais envie d'écrire un poème par jour. Dans le temps, quand je vagabondais, c'est ainsi que je me souvenais des lieux. Un arrêt, un poème, trois vers, trois mots, le nom d'une rue, d'une place, d'un inconnu dont le buste vert-de-gris paraît frisonner sous le soleil chauffé à blanc." Jean-Claude Pirotte, Le voyage en automne.

jeudi 14 août 2014

Tous les rêves du monde

"Não sou nada.
Nunca serei nada.
Não posso querer ser nada.
À parte isso, tenho em mim todos os sonhos do mundo."

Dominique Noguez ou l'érudition heureuse




Il existe une érudition heureuse et Dominique Noguez est son prophète. Voilà un écrivain qui nous enchante depuis longtemps par son gai savoir jamais didactique et son humour poli, discrètement désespéré, bien éloigné de ce ricanement contemporain si répandu qui cache trop souvent des crispations haineuses. Lisez, par exemple, pour vous en convaincre, La véritable origine des plus beaux aphorismes. C’est une lecture d’été idéale. On ne vous garantit pas que ce court manuel maintiendra votre serviette sur la plage mais il y a de fortes chances que vous le feuilletiez encore quand l’automne sera venu car ce livre a pour vocation de devenir ce qu’on appelait jadis un vade-mecum. Un peu plus de quatre-vingt citations sont examinées, expliquées, traquées serait-on tenté de dire, par un Noguez détective pour qui la citation est une affaire trop sérieuse pour être laissée à ces citeurs (ou citateurs) inconséquents qui veulent briller en société et multiplient les contresens ou les approximations.

Trouver l’origine exacte d’une citation n’est pas une manie universitaire, c’est, nous dit Noguez, aider le lecteur « à pousser ses investigations, à faire de quelques mots un tremplin pour plonger dans un océan inconnu et merveilleux, pour, comme on dit se cultiver-mais pas seulement : pour penser aussi, et, qui sait, pour changer sa façon de penser. »

D’autant plus, comme c’est le parti pris ici, quand la citation a la forme de l’aphorisme, c’est à dire d’une arme de précision qui flirte toujours un peu avec le paradoxe et qui utilise comme ligne de mire le deuxième degré, ce deuxième degré dont on a l’impression, par les temps qui courent, qu’il n’est plus compris de grand monde. Prenons par exemple cette phrase de Térence qui était apparue à Montaigne lui-même comme le résumé le plus parfait de la philosophie humaniste au point qu’il l’avait inscrite sur les poutres de sa célèbre bibliothèque : « Je suis homme : rien de ce qui n’est humain ne m’est étranger. » Ce n’est pourtant à l’origine, nous explique Noguez que la réplique vexée et maladroite d’un personnage  de comédie à qui on a surtout demandé de se mêler de ses affaires…

Au menu, on trouvera d’ailleurs beaucoup d’Anciens, Hésiode, Plaute, Pline l’Ancien ou encore Martial dont Noguez a traduit naguère les épigrammes hautement pornographiques, mais aussi des classiques, des grands romanciers du XIXème, des esprits acérés fin de siècle comme Jules Renard ou Laurent Tailhade ou même des contemporains inattendus tel le metteur en scène Sam Karmann qui, dans La vérité ou presque, un film de 2007, fait dire à un de ses personnages « On peut s’aimer pour toujours mais pas tout le temps ». Commentaire de Noguez qui sait aller au-delà l’apparente banalité de la phrase : « Elle est remarquable, car elle mêle deux temporalités : celle des grands serments, celle de Tristan et Yseult ou de Roméo et Juliette, et celle de la petite vie quotidienne. Celle de l’absolu et du relatif. Celle du continu et des pointillés. Celle du ‘ Jusqu’à la mort’ et celle du ‘ N’oublie pas qu’on se lève demain matin.’»

Pour ma part, je suis particulièrement reconnaissant à Noguez de faire une place à Scutenaire, surréaliste belge et aimable anarchiste trop méconnu dont l’œuvre est uniquement composée d’Inscriptions où l’on trouve cet aphorisme mémorable « C’est mon opinion ; et je ne la partage pas » qui m’a toujours semblé une devise idéale pour Causeur.

La véritable origine des plus beaux aphorismes, Dominique Noguez, Payot.

On signalera également de Dominique Noguez la réédition de Comment rater complètement sa vie en onze leçons. (Rivages/Poche)

Paru sur Causeur.ft

mercredi 13 août 2014

Mort d'un polygraphe belgo-australien

-Simon Leys est mort! -Qu'est-ce que tu veux que ça me foute?
La mort de Simon Leys, qui est somme toute un écrivain assez verbeux et répétitif préfaçant ses postfaces indéfiniment et postfaçant ses préfaces si bien qu'on ne trouve jamais où est le livre lui-même, présente une particularité intéressante. Il est pleuré aujourd'hui par tous les néoréacs qui l'insultèrent à l'époque où ils étaient maoïstes avant de devenir les relais zélés du noéoconservatisme et de l'islamophobie raciste la plus crasse.
Sinon, Simon Leys est aussi l'auteur de quelques récits maritimes qui sentent la rédaction conradienne, d'une uchronie amusante sans plus sur Napoléon et d'une formidable intuition que personne n'avait eu avant lui: Orwell serait un auteur antitotalitaire.
La droite anticommuniste néocon qui lit d'ailleurs Leys comme elle lit Orwell, pour des raisons de récupération interne et d'autoamnistie, chouine à chaudes larmes, donc. Mais moi je n'oublie pas la beauté radieuse du Détachement Féminin Rouge qui vaut toutes leurs rancoeurs vaguement honteuses d'ex de la la GP ou du PCMLF dirigeant désormais des journaux, émargeant au Medef ou donnant des leçons d'un air grave à la terre entière sur la fin de la culture française et l'ensauvagement de banlieues qu'ils ne voient jamais.
Assumez, les gars, vous étiez  beaucoup plus marrants quand vous bandiez pour les gardes rouges en jupette...
Vive émotion chez les néo-réacs en tenue de deuil traditionnelle.


lundi 11 août 2014

Loin


Nous sommes tous des ponts byzantins oubliés, et qui ne mènent plus nulle part.

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 15

"J'ai préféré les bistrots, en ces années profondes où le vin se montrait encore loyal, et aussi le cognac, dans les provinces que peuplaient avec un sérieux bienveillant les platanes. J'ai vieilli comme on prolonge une fête, quand les bonnes âmes sont au chaud, que les lampions pâlissent, et qu'une envie d'huitres et de sancerre vous étreint telle une mélancolie future."
Jean-Claude Pirotte, Un voyage en automne.

samedi 9 août 2014

La chaise éclectique



Eté 2014 (les titres marqués en gras « méritent le détour » voire  « valent le voyage » ou sont l’objet de relecture. Les autres vont de l’insignifiance parfois plaisante à la nullité encombrante.)

A l’épreuve de la faim  de Frederick Exley (Monsieur Toussaint Louverture)
Les noirs et les rouges de Alberto Garlini (Gallimard,  Du monde entier)
HHhH de Laurent Binet (Livre de poche)
Le secret du chant des baleines de Christopher Moore (Gallimard, Série Noire)
Les douze enfants de Paris de Tim Willocks (Sonatine)
Aimez-vous Brahms ? de Françoise Sagan (Julliard)
Boléro de Jean-Claude Pirotte (La Table Ronde)
Un voyage en automne de Jean-Claude Pirotte (La Table Ronde)
Et les chiens parlaient de Kââ (Fleuve Noir, collection SF)
Le nuage radioactif de Benjamin Berton (Ring, à paraître)
La théorie de l’information de Aurélien Bellanger (Folio)
Fay de Larry Brown (Folio Noir)
Prise directe de Eion Colfer (Gallimard, Série Noire)
Liquidations à la grecque de Petros Markaris (Points Seuil)
Monsieur Paul de Henri Calet (Gallimard)
L’Odyssée  (traduction de Philippe Jaccottet, La découverte)
Œuvres complètes de Rimbaud (La Pléiade)
Manuscrits de 1844 de Karl Marx  (Editions Sociales)



vendredi 8 août 2014

Des traces de pneu sarkozyste dans la moussaka noire





 Sarko veut revenir. On a la mémoire courte, mais pas le polar qui, lui, n’oublie rien. C’est même pour ça qu’on l’aime, le polar. Il nous rappelle, par exemple, qu’on est passé aux yeux de toute l’Europe pour de sacrés salopards xénophobes sous le règne admirable de ce mec qui a instrumentalisé sans vergogne les questions d’ « identité nationale » et adorait trouver des boucs émissaires à la situation économique désastreuse comme n’importe quel leader populiste. En témoigne cette citation trouvée dans Liquidations à la grecque de Petros Markaris (Seuil). Le roman date de 2010 et se passe la même année, au moment où la Troïka renvoie le pays à l’âge de pierre  et où les banques se remboursent sur la bête. C’est un dialogue doux-amer et ironique entre le commissaire Kostas Charitos et sa femme :
« -Mais maintenant les quatre-vingts premières années ne sont pas seulement difficiles. On va les passer à bosser.
-Tu connais une meilleure solution ?
-Oui, diminuer la population de moitié. Nous ne serons plus que cinq millions et demi et nous dépenserons moitié moins. On ferait comme les Français qui chassent les Roms. »

Exergues possibles pour des mémoires désobligeants, 14


Reading Henri Calet on the beach.
« En combien d’infimes bourgades ne me suis-je pas arrêté, entre deux trains ? J’en ai perdu des heures, une par-ci, une par-là, à me promener mélancoliquement dans la grand’rue ou à la buvette de la gare, devant un bock ou un café, à Rosendaël, à Melun, à Sucy-en-Brie, à Gravelines, à Malo-les-Bains, à Sens, à Montereau, à Pierrefitte-Stains, à Crépy-en-Valois, à Creil, à Meaux, à Lagny, à Survilliers, à Gargan-Livry…On devait me prendre pour un touriste fourvoyé. Voilà où vous mène le goût de l’exotisme : à Arnouville-lès-Gonesse. »

Henri Calet, Monsieur Paul.

lundi 4 août 2014

Cela pourrait peut-être faire un poème




Vous retrouverez ce poème dans le recueil Sauf dans les chansons à paraître à la Table Ronde en avril 2015.