mardi 31 décembre 2013

Bonne année, camarade salarié...

....et fini, les vacances au Crotoy!

On exagère? A peine, quand on sait qu'un gouvernement dit de gauche encourage lui-même le Medef à la modération salariale.



Bernard Blier management par ZYGGOUSTARDUST72

dimanche 29 décembre 2013

Tout le temps, mais notamment en fin d'année.

"Life has been some combination of fairy-tale coincidence and "joie de vivre" and shocks of beauty together with some hurtful self-questioning."
Sylvia Plath, The Unabridged Journals

mardi 24 décembre 2013

Mon sapin chez Maud

Un joyeux Noël à tous nos aimables abonnés et lecteurs.  Que votre joie demeure comme celle de cette petite fille, en 1968 ou 69, à Clermont-Ferrand et qui doit, aujourd'hui, être à peine plus âgée que nous.

lundi 23 décembre 2013

Auguste n'aimait pas Rouen

C'est une de mes vues préférées de Rouen, cette pente douce de la rue Louis Ricard qui monte jusqu'à la fontaine Sainte Marie que l'on voit au bout. Sur la droite, vers le haut de la rue se trouve mon vieux Lycée Corneille et, presque en face, le jardin du Musée des Antiquités. Il y avait aussi, au premier plan à gauche, là où une enseigne se termine par -au, le café de ma jeunesse perdue, Le Château d'O.
Au dos de cette carte postale, on peut lire:


Rouen, le 22-4-17

Chère Marthe

Je suis en bonne santé, aujourd'hui dimanche nous avons l'après-midi libre, il fait bien beau temps aussi on va aller se promener un peu car je crois que ce sera le dernier dimanche passé à Rouen, il paraît que nous devons partir dans la semaine pour Mignières comme je vous l'avais déjà dit. Il y a déjà un départ demain matin et les autres nous devons suivre de très près. Je quitterai Rouen sans regret car jamais il ne m'a plu, il paraît que nous passons à la 5ème région alors ce sera Orléans au lieu de Rouen. Hier,  j'ai eu la lettre de maman du 17. Aujourd'hui je n'en ai pas. Vous avez toujours du mal pour la farine, il doit y avoir du malentendu parce que ici les boulangers n'en souffrent pas c'est la faute des directeurs de chez vous. Je ne vois plus rien à vous annoncer. Je vous embrasse bien tendrement. Celui qui vous aime.
Auguste

Je ne saurai rien d'Auguste, sinon qu'il n'aimait pas Rouen et que manifestement, il était soldat. Il s'apprête à quitter la ville. On peut sans doute penser qu'il s'agissait de mouvements de troupes annonçant la sanglante offensive Nivelle de mai 17 qui se conclut par des mutineries réprimées par le nouveau commandant en chef Philippe Pétain. 
Auguste, qui ne semble pas tenir en haute estime "les directeurs", a-t-il fait partie des fusillés pour l'exemple à cause de sa forte tête? Ou a-t-il trouvé la mort dans le carnage du Chemin des Dames? Ou, heureuse hypothèse, est-il rentré auprès de Marthe, la gueule pas trop cassée, pour vivre un amour heureux?
C'est une malédiction particulière que d'aimer les cartes postales du monde d'avant et les textes d'inconnus que nous ne retrouverons que le jour du Jugement Dernier, s'il y en a un. La rêverie qu'elles suscitent est soyeuse, mélancolique, infinie et stérile.
Je ne sais pas si mon ami Sébastien Lapaque en parle dans sa Théorie de la carte postale (Actes Sud) que je m'apprête à lire, et qui sera en librairie début février 2014. Je pense que oui. Nous souffrons de maux assez semblables, lui et moi.


Comme une usine occupée

Elle était belle, joyeuse et inquiète comme une usine occupée.

dimanche 22 décembre 2013

6 décembre 1905

Ajouter une légende
"Je ne te vois plus. Tu es mort?"
Carte postale de Picasso à Apollinaire.

Finalement, on ne meurt pas: on est perdu de vue.

samedi 21 décembre 2013

vendredi 20 décembre 2013

Effet secondaire

Il se disait parfois que la vie était un effet secondaire.

jeudi 19 décembre 2013

Solange Bied-Charreton, c'est le 3 janvier.

Vous aviez aimé Enjoy?
Vous allez aimer Nous sommes jeunes et fiers (Stock, le 3 janvier)
On en reparlera. Mais il y a des chances que l'essai soit transformé et que l'ADN littéraire de SBC se confirme. La Perec (tendance Les Choses et L'homme qui dort) des années 10. Méchante comme une teigne en plus mais efficace comme un missile. Enjoy.

mercredi 18 décembre 2013

Shi Zaokun et le lapin de jade: et ce n'est même pas un conte de Noël.


paru sur Causeur.fr
Le 14 décembre, Lapin de jade alunissait. Si l’on en croit certaines traductions, et on préférerait croire celles-là,  on peut aussi l’appeler Lièvre de la lune. C’est tout de même plus joli. Mais allons-y pour Lapin de jade, puisque cette appellation a été consacrée par les médias. Lapin de jade est un véhicule d’exploration lunaire téléguidé qui a été transporté par la sonde Chang’e 3. C’est une sorte de véhicule tout-terrain à six roues, avec de l’électronique et des panneaux solaires. Beau comme un jouet de Noël. Pendant trois mois, il va faire toutes sortes d’analyses géologiques en se déplaçant à la vitesse de 200 mètres à l’heure. Il pourra même envoyer des images en trois dimensions de la Lune. Ce succès chinois, après celui des taikonautes dans leur station spatiale, se veut une étape supplémentaire vers l’envoi d’hommes sur la Lune.
Les Chinois sont les dernier à y croire, à ce rêve spatial qui enchanta mon enfance et celle de tous les enfants des Trente glorieuses, depuis ce jour de 1969 où petit garçon sur les épaules de mon père, je me suis endormi devant l’écran noir et blanc du bistrot d’en bas qui était le seul à disposer de la télé dans le quartier. Bien sûr, nous ne sommes pas naïfs, il y a toujours eu des enjeux de pouvoirs dans la conquête spatiale. La Chine ne fait que rejouer seule le grand match URSS-USA une génération plus tard. Il s’agit de montrer sa supériorité technologique et son ambition cosmique, sa vitalité prométhéenne et sa foi en une humanité appelée à régner sur les galaxies. C’est aussi, pour le Parti Communiste Chinois qui y consacre des milliards de yuans, le moyen de prouver son génie idéologique à tout un peuple, et pourquoi pas au monde entier, en plantant un de ces jours, au clair de la Terre, le drapeau rouge du président Mao dans la Mer de la Tranquillité.
Mais, malgré ces considérations, on aurait pu reconnaître que ça avait de la gueule et voir dans Lapin de Jade le symbole d’une humanité, chinoise ou pas, qui continue à rêver, qui refuse un repli malthusien et hargneux sur elle-même, en s’enfonçant dans le virtuel et en remisant ses navettes et ses fusées dans ces hangars où rouillent les illusions perdues et les machines obsolètes.
Et pourtant, pourtant, cela va m’être difficile de rêver si je pense à Shi Zaokun. Shi Zaokun est mort à quinze ans. Je suis certain que, comme tous les adolescents de quinze ans, comme je l’étais moi-même à son âge, il était « un enfant amoureux de cartes et d’estampes », les yeux perdus dans les étoiles. Peut-être même avait-il lu Jules Verne qui est traduit en chinois simplifié. Quoique, sur ce dernier point, j’en doute. Il n’aura sans doute pas eu le temps. Il faut dire qu’il est mort le 9 octobre dernier. Il n’aura donc pas eu le temps non plus de voir Lapin de Jade faire ses premiers tours de chenille. En fait, il n’a pas eu le temps de grand chose, Shi Zaokoun comme nous l’apprend l’organisation non gouvernementale (et pour cause) China Labor Watch.
Il a été embauché en septembre sur les chaînes de production de l’Iphone 5G de l’usine Pegatron de Shanghai. On peut consulter ses horaires de travail, c’est intéressant. Pendant les trois semaines où il a travaillé, Shi Zaokun a eu des journées qui dépassaient les 12 heures en moyenne. C’est tout de suite beaucoup plus pratique quand on n’a pas de code du travail pour venir vous embêter, ni d’inspecteurs qui vont avec.
On meurt beaucoup chez Pegatron, ces temps-ci, à manipuler des produits chimiques pour fabriquer des composants indispensables aux jolies petites machines d’Apple qui a enfin trouvé avec la Chine, malgré ses promesses  citoyennes, l’eldorado de la sous-traitance façon esclavage. Pas de syndicats, pas de formation et des visites médicales au moment de l’embauche particulièrement coulantes. Cinq décès suspects depuis septembre. Oui, quand même… Shi Zaokun avait lui été jugé en excellente santé. Il est donc mort en excellente santé d’une pneumonie, un mois après son recrutement.
Les dirigeants chinois ont très bien compris l’espace. Ils ont très bien compris aussi que la libre entreprise la plus échevelée avait trouvé dans le totalitarisme post-stalinien son cadre idéal. Ils sont moins naïfs que nos économistes occidentaux qui nous répètent à longueur de journée que le capitalisme, ça ne peut aller de pair qu’avec la liberté politique. Vous irez raconter ça au fantôme de Shi Zaokun, ça le fera sourire.
C’est dommage qu’il n’ait pas tenu quelques semaines de plus, d’ailleurs. Dans la mythologie chinoise, Lapin de jade est une divinité apothicaire qui pile dans un mortier un élixir d’immortalité. Cela aurait été de toute façon un moyen plus sûr de le sauver que de compter sur les promesses d’Apple.
Ou sur notre mauvaise conscience de consommateur.

lundi 16 décembre 2013

Nous sommes tous des communistes chiliens. Je dis bien: tous.

Camila Vallejo-Dowling, "diputada electa por La Florida" et bien connue de nos aimables abonnés, s'apprête à entamer son travail législatif, après la victoire de Michele Bachelet aux présidentielles.
On comprend que la droite craigne un retour aux heures les plus sombres de l'époque Allende. Le visage hideux du communisme, ça fait toujours un peu peur.
On pourra suivre le travail de Camila sur son blogue, ici.
FQG ne doute pas du vif intérêt qui sera désormais porté au travail du Parti communiste chilien par nos lecteurs.

Pour l'enfant jacobin, amoureux de cartes et d'estampes...



....et contre tous les casse-bonbons de l'ethnorégionalisme, ce cheval de Troie de la mondialisation sauce Union Européenne.

Lucien, compagnon d'insomnie

"Aussi, poussé moi aussi par la vanité de laisser quelque oeuvre à la postérité, et afin de ne pas être le seul à ne pas profiter de la liberté d'imaginer des histoires, comme je n'avais rien de véritable à raconter (car il ne m'était rien arrivé qui valut la peine d'en parler), je décidai de mentir, mais avec plus d'honnêteté que les autres, car il est un point sur lequel je dirai la vérité, c'est que je raconte des mensonges."

Lucien, Histoire véritable

dimanche 15 décembre 2013

Kostro, un dimanche


Je ne sais plus si je l'aime
Ni si l'hiver sait mon noir péché
Le ciel est en manteau de laine
Et mes amours s'étant cachés
Périssent d'amour en moi-même.

Guillaume Apollinaire, "Stavelot", Le guetteur mélancolique.

samedi 14 décembre 2013

Communistes, encore et toujours...

Deux anciens camarades ministres à la tribune
C'était hier soir, à Lille. Une soirée conférence et débat, organisée conjointement par l'amicale des vétérans du Parti et les Jeunesses Communistes. J'arrête tout de suite les mauvais esprits: je ne peux plus faire partie de l'une et pas encore de l'autre. 
Le thème, la laïcité. 
Invité d'honneur Anicet Le Pors. 82 ans: un exposé d'une heure et demie, sans notes, la voix claire. Une synthèse éblouissante.
Il a remis à sa place, ensuite, pendant le débat quelques jeunes camarades légèrement contaminés par le gauchisme sociétal qui trouvait que le voile c'était pas un problème, qu'il fallait être tolérant, tu vois, quoi, que la loi de 1905, enfin tu vois, quoi, il faudrait peut-être la repenser, tu vois, quoi.
Eh bien, non, non, et non. Et ne pas avoir de complexes face au FN sous prétexte d'avoir peur de rallier le choeur des islamophobes. Rappel salubre d'Anicet après son panorama:  quand les post-fascistes s'emparent du thème de la laïcité, ils ont toujours besoin de lui rajouter un adjectif ou un complément de nom. Comme les communautaristes et les intégristes d'ailleurs. Laïcité de combat, laïcité positive, laïcité ouverte? 
Non.
 Laïcité. Point. Ca suffit.
Sinon, aussi, pendant le dîner, plaisir de se retrouver face à un homme qui a écrit une partie de l'histoire récente, un des quatre de 81, qui a vécu aux premières loges les trois seules années de gauche au pouvoir que la France ait connues depuis la fin de la guerre. Un homme qui a participé aux négociations du Programme Commun, pour les questions industrielles. Un homme qui a connu Marchais et Mitterrand. 
Et par ce soir glacial de décembre 2013, qui continuait le combat.
Camarades, un soir d'hiver.

vendredi 13 décembre 2013

1984 en 2014?


Et si Orwell s’était juste trompé de trente ans…

Paru sur Causeur.fr 

L’aspect le plus pervers du totalitarisme, c’est qu’on ne s’en rend pas compte. C’est comme la bonne santé, paradoxalement. On ne se réveille pas tous les matins en se disant « Je suis en bonne santé » ou alors, pensait Cioran, c’est le signe qu’on sera bientôt malade. Le totalitarisme, c’est la même chose. Il va de soi. Et si par hasard on se réveille un matin en se disant « je vis dans un monde totalitaire », c’est qu’on est malade. Regardez ce qui arrive à Winston Smith dans 1984 de George Orwell. C’est comme une grippe ou une dépression,  c’est une prise de conscience qui s’apparente à la fois à un malaise physique et à une maladie de l’âme. Heureusement,  il sera rééduqué dans les caves du ministère de l’Amour et à la fin il aimera de nouveau Big Brother. Le totalitarisme, c’est l’art que met un système à se présenter comme parfait et à désigner ceux qui le contestent comme des malades, des gens dont la perception de la réalité est altérée.
Alors, autant vous le dire, je dois être malade. Je cherche un policer de la pensée pour tout lui avouer. J’ai l’impression de vivre dans un monde totalitaire. Or, il est évident que notre monde n’est pas totalitaire. Le vrai totalitarisme, comme tout le monde le sait, a disparu avec la chute du Mur de Berlin. Les pays de l’Est, l’URSS étaient des pays totalitaires, n’est-ce pas ? La preuve, ils enfermaient les dissidents, souvent dans des hôpitaux psychiatriques car précisément seuls des paranoïaques ou des maniaco-dépressifs pouvaient contester l’excellence des réussites du socialisme réel.
A propos de dissident, il est où Snowden ? Quelque part à Moscou, d’après les dernières nouvelles. L’histoire a de ces renversements. Poutine, protecteur presque malgré lui d’un Winston Smith version 2.0, sûrement malade, qui a refusé de continuer à falsifier l’Histoire dans les locaux de la NSA qui ressemblent furieusement à ceux du Ministère de la Vérité. Et Assange, toujours coincé dans l’ambassade de l’Equateur à Londres. Depuis juin 2012 ? Ah, quand même…
Mais bon, je sais : dire que j’ai l’impression, une impression qui s’est singulièrement accentuée en 2013, de vivre dans un monde totalitaire, c’est presque indécent. Je ne me rends pas compte de la chance que j’ai. Chaque jour, j’ai pourtant des preuves visibles, tangibles de l’insoutenable liberté qui est la mienne.
Par exemple, je peux m’informer, 24h sur 24, en temps réel. Il y a les chaines infos, il y a internet, il y a twitter. Et c’est de ma faute, uniquement de ma faute si d’une part j’ai l’impression d’entendre toujours la même chose et d’autre part si j’ai de plus en plus de mal à hiérarchiser tout ce qui m’est si généreusement donné. Je n’ai qu’à faire un effort, me dit-on du côté de la génération Y, je préférais peut-être l’époque de l’ORTF ou des journaux papier qui tâchaient les mains ?
Par exemple, encore, je peux voter aux élections. Elles sont organisées régulièrement. Tout le monde a le droit se présenter. Certains amis, aussi malades que moi, me font cependant remarquer que depuis qu’ils sont en âge de voter, aucune élection n’a vraiment changé quoi que ce soit.  Que si les élections servaient à quelque chose, il y a longtemps, qu’on les aurait supprimées comme le disait Coluche, cet orwellien qui s’ignorait. N’est-ce pas la gauche à partir de 1983 (tiens, un an avant 84) qui s’est chargée de mettre le pays aux normes de ce qu’il fallait qu’il devienne, c’est à dire une entité territoriale permettant à la mondialisation de se déployer comme elle l’entendait ?
Ce déploiement s’est d’ailleurs poursuivi dans l’indifférence générale le week-end dernier à Bali. 160 pays de l’OMC, pendant que l’humanité pleurait Mandela, ont  signé un accord pour continuer de mettre en place la libéralisation des échanges, c’est à dire ce qui va façonner tous les aspects de notre existence dans les années qui viennent et nous donner un nouveau monde. Un nouveau monde qui pour le coup va vraiment nous faire regretter Mandela, au-delà de cette surenchère émotionnelle un rien suspecte, un rien stalinienne de ces derniers jours. Je ne compare pas Mandela à Staline, bien entendu, je compare les deux émotions planétaires, à la fois sincères et orchestrées, autoalimentées, qui se sont emparées de l’humanité à 60 ans tout juste d’intervalle. Je compare, de fait, deux émotions totalitaires.
Et quand bien même on se serait intéressé à ce qui s’est dit à Bali, l’OMC vous aurait expliqué à quel point elle était philanthropique et que son but était d’enrichir les pays du tiers-monde. Que répondre à tant de bonnes intentions ? Comment oser critiquer une telle pureté  d’âme ? Bien sûr, le moyen proposé pour enrichir les pays du tiers monde, c’est de faire tomber les dernières barrières douanières des pays riches ou moins pauvres, c’est à dire achever la destruction des modèles sociaux mis péniblement en place au cours de l’histoire. Comme ça, on ne rendra pas forcément plus riche la population des pays pauvres mais on rendra surement plus pauvre la population des pays riches.
Mais non, j’exagère, je suis malade : l’OMC ne peut pas avoir autant de pouvoirs. Penser que ce sont aujourd’hui des organismes supranationaux composés d’experts non élus qui décideraient de ce que vont devenir des pays entiers, c’est très exagéré. C’est un symptôme de ma maladie, de ma paranoïa : demandez aux Grecs, au Espagnols, aux Portugais ce qu’ils en pensent. Ils vous diront à quel point c’est du grand n’importe quoi, ils vous diront heureusement que la Troïka était là pour les aider à faire un régime et perdre toute cette mauvaise graisse, ils vous diront qu’ils sont presque guéris, qu’ils n’ont plus de système de santé ni de retraites et que grâce à ça, bientôt, ô joie, pleurs de joie ! , ils pourront emprunter de nouveau sur les marchés ! Et que tout pourra recommencer comme avant !
Alors, lecteur, je t’en prie. Ne suis pas ce chemin dangereux sur lequel je m’égare. Jouis de ton ordinateur, de ton smartphone, n’écoute pas les prophètes de malheur, les Cassandre névrosées qui t’expliqueront que le Sénat vient de confirmer un vote de l’Assemblée sur la loi de programmation militaire dont un article permet l’accès à toutes des données personnelles. De toute façon, c’est comme pour le télécran, euh pardon pour la vidéosurveillance : tu n’as rien à cacher, n’est-ce pas ?
N’est-ce pas ?

mercredi 11 décembre 2013

Au chic communiste, 17

Domenico Modugno n'est pas seulement l'auteur-interprète d'une chanson qui connut un succès planétaire, "Volare",  il fut aussi un camarade. Il est mort en 1994, au coeur de l'été. Quatre ans avant, il était le candidat du PCI à la mairie d'Agrigente.
Nous,  notre chanson préférée de cet élégant marxiste à la voix de crounère qui savait porter la moustache, c'est celle-là:

Bleu et sec

Trois jours de ciel bleu et de froid sec. On se sent tout de suite mieux. Rêve d'un pays mallarméen, où  l'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide garderait pour toujours cette clarté coupante. Et vivre comme un fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne.

Vieillir, c'est être sensible au temps qu'il fait plus qu'au temps qui passe. J'avais bien plus peur de la mort à vingt ans qu'aujourd'hui.

Lecture du premier volume de la monumentale correspondance entre Chardonne et Morand, enfin édité. C'était un texte mythique de ma jeunesse hussarde. On disait que ces lettres ne seraient jamais publiées, qu'elles étaient bourrées de choses scandaleuses. Les auteurs eux-mêmes, dans les années cinquante, pensaient que ces lettres ne pourraient être lues qu'en l'an 2000. On a dû attendre 2013. Si cette publication ne fait pas scandale aujourd'hui, c'est que plus grand monde ne sait lire. Tant mieux. Qu'ils touittent leur antifascisme en peau de zob et qu'ils me foutent la paix.
Chardonne et Morand, vieux collabos plein de rancoeur de classe, sont parmi les plus grands écrivains du siècle précédent. C'est comme ça, désolé. Cette correspondance le confirme de manière presque insolente. On ne devrait pas avoir le droit d'écrire aussi bien le français, et de rendre terne à ce point ses contemporains. J'ai un peu relu Camus, juste avant. C'est incroyablement cruel pour Camus, cette Correspondance, et pourtant on n'y parle pas vraiment de Camus.

Morand, Chardonne, c'est bleu et sec. Comme un beau temps d'hiver.

lundi 9 décembre 2013

Fragment d'une version alternative et expérimentale du Bloc (circa 2010)


…et le plus fou était certainement ces serbes sur le toit des rescapés des troupes spéciales de république sprka qui se pavanaient la nuit avec un équipement higth tech les oreillettes les gilets en kevlar les genouillères et les coudières renforcées les fusils d’assaut avec des viseurs lasers et des lunettes à  infra rouge féérie meurtrière ballet sous le ciel noir ils dominaient saint-cloud et tout le reste la seine le parc l’école normale supérieure ils auraient pu faire un carton ils étaient sept ou huit sept ou huit chiens de guerre qui sortaient à peine de l’horreur qui devaient être ivres d’adrénaline de cordite de graisse d’arme et qui là dominaient l’ouest parisien les villas de luxes les immeubles à jardins suspendus pourquoi il n’y en a pas un qui n’aurait pas tout simplement pété les plombs déplié le bipied de son fusil d’assaut sur le rebord bétonné respiré la nuit en se souvenant de la rumeur de belgrade au printemps ou de novy sad et puis il aurait pointé  le heckler und koch sur les thurnes des normaliens supérieurs on voyait la bibliothèque du toit du château on voyait les garcons au torses creux et les filles en queue de cheval consulter des thèses sur la poésie médiévale ou l’anamorphose comme équivalent pictural de la métaphore dans la poésie maniériste et là miroslav slobodan boris auraient pu commencer à tirer au coup par coup sur l’élite de la nation on aurait à peine entendu le bruit avec la rumeur du pont de la voie rapide des berlines hauts de gammes qui sollicitaient leurs rapports dans les avenues en pente entre les hauts murs couronnés de caméras de sécurité et de chèvrefeuille entêtant à peine une flatulence sèche la haute vélocité sifflante le bris de verre quatre ou cinq cent mètres plus loin et la balle qui traverse la tête de l’agrégatif spécialiste de juvénal la fait exploser comme les pastèques que miroslav slobodan ou boris mangeaient en dalmatie enfants avant la guerre dans les camps de vacances des pionniers en chantant des chansons de marches à la gloire de cette enflure croate de tito aurait éclaboussé ses voisins et voisines de matières cervicales pour terminer dans la reliure rouge du manuel d’érotologie classique un miracle je te dis un miracle qu’ils n’aient pas eu ce genre de folie ces psychopathes que le bloc payait deux milles francs par jour et par tête de pipe  ce qui foutait dans une colère noire burdalin le trésorier un des rares cadres à être resté fidèle au chef et à avoir défendu son burlingue l’après-midi où les félons avaient voulu poutcher le bunker alors que le chef était en province à remettre de l’ordre dans des sections qu’ils sentaient sur le point de basculer du côté des félons justement j’étais avec lui et les fidèles du ssi les cadres là aussi s’étaient barrés à part moi et j’étais le seul a avoir une formation militaire digne de ce nom à pouvoir placer les gars judicieusement à faire écran avec les pédés gauchistes ou les félons qui n’avaient plus peur de rien  et qui bloquaient les entrées de salle de réunions…

Apocatastase

samedi 7 décembre 2013

Jusqu'au bout, vous m'entendez? Jusqu'au bout!


"Ma poésie ne consistera qu’à attaquer, par tous les moyens, l’homme, cette bête fauve, et le Créateur, qui n’aurait pas dû engendrer une pareille vermine. Les volumes s’entasseront sur les volumes, jusqu’à la fin de ma vie, et, cependant, l’on n’y verra que cette seule idée, toujours présente à ma conscience !"

ID, C de L.

vendredi 6 décembre 2013

Mort d'un terroriste communiste

Je me souviens bien, très bien même, de l'époque où le PCF était le seul parti à avoir fait de la lutte contre l'apartheid une priorité. 
Je me souviens bien, très bien de tracter pour la libération de Pierre-André Albertini qui était de mon coin. 
Je me souviens bien, très bien qu'une certaine droite composée de fumiers qui sévissent encore dans certains milieux universitaires et sont relayés sur le net par les habituels pantins du racisme décomplexé nous expliquait que l'Afrique du Sud, c'était le pays le plus cool du continent parce que les Blancs contrôlaient le bastringue. 
Que le jour où les nègres prendraient le pouvoir, ce serait le bain de sang. 
Ils vous expliquent maintenant qu'on ne le voit pas mais que c'est le cas, que pour les Blancs, c'est l'horreur. 
Et de vous citer pour exemple l'assassinat, il y a quelques années, d'Eugène Terreblanche, fermier suprématiste néonazi qui traitaient ses ouvriers noirs comme des esclaves,  sauf quand il leur demandait de le sodomiser. C'est d'ailleurs à la suite d'une de ses cabrioles qu'il décéda, une bite d'ébène dans le cul et non les armes à la main, en héroïque défenseur de la race blanche.

Un léger malentendu.


-J'adore ta tenue sexy, vraiment...
- Oui, mais tu sais que "dans l'amour, comme dans presque toutes les affaires humaines, l'entente cordiale est le résultat d'un malentendu."
-Ce qui veut dire?
-Approche, tu vas voir...

jeudi 5 décembre 2013

Cinéma et politique: la belle histoire

A l'initiative de l'excellent Ludovic Maubreuil de Cinématique, initiative relayée par le non moins excellent Docteur Orlof, un questionnaire auquel nous nous sommes soumis avec plaisir et dont nos aimables abonnés trouveront ci-dessous les réponses:

1) Quel film représente le mieux à vos yeux l'idéal démocratique ? 

1984 de Michaël Radford montre bien l’idéal démocratique, je trouve.


2) Au cinéma, pour quel Roi avez-vous un faible ? 
Sean Connery, dans l’Homme qui voulait être roi et Nathalie Portman en reine Amidala dans La Menace fantôme



3) Quelle est la plus belle émeute, révolte ou révolution jamais filmée ? 
La révolution de 17 filmée par Warren Betty dans Reds, quand il fait l’amour avec Diane Keaton sur l’Internationale.

 
4) Si vous étiez ministre de la Culture, à quelle personnalité du cinéma remettriez-vous la Légion d'Honneur ? 
 
Bertrand Tavernier et Yves Boisset, pour les sujets qu’ils ont abordés dans la France pompidolo-giscardienne des années 70, où ce n’était pas si facile.


5) Au cinéma, quel est votre Empereur préféré ? 
Malcom Mac Dowell dans Caligula de Tinto Brass

 
 
 
6) Si vous étiez Ministre de la Culture, quel serait votre première mesure, premier acte symbolique ou premiers mots d'un discours, concernant le cinéma ? 
 Gratuité totale pour les spectateurs et financement des films grâce à une Taxe Tobin du Cinéma
 
7) Quel film vous semble, même involontairement, sur le fond ou sur la forme, d'inspiration fasciste ? 
Starship troopers de Verhoeven qui comme tout bon film ne sait plus choisir entre la fascination et la repulsion pour le sujet qu’il aborde.

 
 
8) Quel est le meilleur film sur la lutte des classes ? 
 
La cérémonie de Claude Chabrol  


9) Au cinéma, qui a le mieux incarné la République ?  

Jean Gabin, mais c’est parce que je confonds la France et la République
 

10) Quel film vous paraît le plus pertinent sur les coulisses du pouvoir dans le monde d'aujourd'hui? 
Dossier 51 de Michel Deville d’après un roman de Gilles Perrault

 
 
11) L'anarchisme au cinéma, c'est qui ou quoi ? 
 
Le Mocky du début, Godard tout le temps.
 
12) Quelle est la meilleure biographie filmée d'une femme ou d'un homme de pouvoir ? 
  Nixon d’Oliver Stone
 
13) De quelle femme ou quel homme de pouvoir, aimeriez-vous voir filmer la biographie ?   
Hugo Chavez


14) Au cinéma, quel personnage de fiction évoque le style des politiciens français suivants : Nicolas Sarkozy, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ? (vous pouvez en choisir d'autres) 

Sarkozy: le Pooelvorde des  Portes de la Gloire
 Hollande: Jugnot, dans ses films en tant que réalisateur, où volontairement, ce n’est pas si drôle que ça finalement.
Marine Le Pen : `Ellen Barkin dans Sea of love avec Al Pacino
 
15) Quel film de propagande n'en est-il pas moins un grand film ?
  Fort Alamo de John Wayne (enfin avec John Ford qui regarde par dessus l’épaule)
 
16) Quel a été pour vous, en France, le meilleur Ministre de la Culture ? Expliquez pourquoi en deux mots.  
Malraux parce que c’était Malraux
 

17) Quel est le meilleur « film de procès » 
  Des hommes d’honneur de Rob Reiner, pour le pétage de plomb de Nicholson à la fin
 
18) Quel film vous paraît le plus lucide sur le quatrième pouvoir (les medias) ? 
Punishment Park de Watkins. Les médias n'ont qu'un seul pouvoir au bout du compte, celui d'enregistrer servilement l'horreur.
 

 
19) Citez un film que vous aimez et qui vous semble assurément « de droite ». 
Le combat dans l’île d’Alain Cavalier, (qui marche aussi pour la question 7)
Le petit soldat de Godard
 

 
20) Citez un film que vous aimez et qui vous semble certainement « de gauche ».
Tout va bien de Godard

 
 


mercredi 4 décembre 2013

Sur Antoine Chainas et Pur

(extrait d'un article sur le roman et l'extrême-droite à paraître dans Causeur)


...Malgré tout, la vision la plus claire et la plus inédite de ce qui se passe vraiment, c’est-à-dire la banalisation de l’extrême-droite, nous l’avons trouvée dans le roman d’Antoine Chainas, Pur. Chainas appartient à cette génération d’auteurs de polars qui précisément refusent le catéchisme dont nous parlions plus haut. Dans une narration inspirée par le nouveau roman et ses descriptions minutieuses, presque scientifiques -un visage qui rentre en contact avec un pare-brise devient un vrai poème en prose glacé-, Chainas  envisage  l’extrême droite avec une objectivité sans faille, flaubertienne. Il n’est pas du genre à faire des professions de foi, même négatives comme Obertone, ou prudentes comme Mérot qui juge utile de mettre un avant-propos à son roman. Surtout, il ne s’agit pas pour Chainas de peindre des personnages aberrants mais des gens qui décident consciemment, froidement, de se retrancher d’un monde qui tourne mal.
Toute l’intrigue de Pur tourne autour d’une résidence sécurisée de luxe, quelque part dans les environs d’une grande ville du Sud-Est. Un sniper, en fait un adolescent manipulé par son père, le gourou de la résidence, prend pour cible des voitures conduites par des Arabes sur les autoroutes de la région. Entre l’enquête de police, le désir de vengeance d’une victime survivante, les intrigues municipales à la veille d’une élection et la vie quotidienne dans la bulle panoptique de la résidence sécurisée, Chainas louvoie pour donner un panorama d’une faillite générale du vouloir-vivre ensemble, comme on dit.
Il a compris, ce qui n’apparaît qu’à la marge pour Obertone et Mérot, que la victoire de l’extrême droite est silencieuse, feutrée, aseptisée et qu’elle se lit d’abord dans la banalité apparente des réorganisations urbaines, entre libanisation douce et apartheid feutré. A la manière d’un Ballard, - on pense en lisant Pur à Crash ou au Massacre de Pangbourne, Chainas ne tient pas, à proprement parler, de discours sur l’extrême-droite : il l’autopsie.
 Ni militant, ni provocateur : écrivain, simplement écrivain, ce qui est tout de même l’essentiel.



dimanche 1 décembre 2013

Blue jeans



Vous retrouverez ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, mars 2015)


Dominique Noguez, l'ami martagon.


 
Une année qui commence bien de Dominique Noguez (Flammarion, 20 euros, 395 pages)                                                            


« Chaque livre est un meurtre de l’auteur par lui-même ». On trouvera cette citation de Duras, une des grandes admirations littéraires de Dominique Noguez dans Une année qui commence bien, le récit autobiographique qu’il fait paraître ces jours-ci. Pourtant, quand on le rencontre, Dominique Noguez a l’air en pleine forme, comme enchanté de sa propre audace. Il n’avait jamais fait part, dans son œuvre, de son goût pour les hommes, plutôt de la possibilité de souffrir à cause de l’amour, comme en témoignait le magnifique Amour noir, prix Femina 1997.
Dans une époque aussi transparente, voire complaisante, que la nôtre, on pourrait penser que cet aveu a quelque chose de daté. Dominique Noguez en convient. Mais ce fin lettré, normalien, spécialiste du cinéma expérimental et amateur de canulars façon Jules Romains, remarque aussi que le problème n’est pas celui de l’aveu mais de qui le fait et de ce qu’il en coûte de le faire. C’est ce qui donne sa force à Une année qui commence bien, livre retraçant la passion  malheureuse au mitan des années 90 de l’auteur pour Cyril, un jeune banquier qui a tout du bel indifférent. On songe forcément, et Noguez y fait plusieurs fois allusion à La Prisonnière de Proust. Même capacité à souffrir, à déployer des trésors de psychologie pour tenter de comprendre un mystère banal et déchirant : comment peut-on aimer à ce point et ne pas être payé en retour ? Et au bout de près de quatre cent pages somptueuses, mélodiques, nous confier à propos de ce garçon : « Je ne sais pas qui c’est. »
Bar du Lutétia, assez tard, à vrai dire.
Dominique Noguez, avant ce livre, offrait plusieurs visages au lecteur. Celui du romancier polyphonique des Derniers jours du monde, par exemple. Le roman a été adapté en 2008 par les frères Larrieu, ses anciens étudiants du temps où il enseignait le cinéma à l’université. Noguez est d’ailleurs content du résultat, les cinéastes ayant trouvé le point d’équilibre entre « Antonioni et Cécile B. DeMille » Il y avait aussi l’inlassable pourfendeur de l’anglicisation de la langue française, ce symptôme le plus inquiétant de notre déclin, de notre entrée dans un monde en voie d’uniformisation. C’était La colonisation douce, un essai impitoyable et inquiet, paru en 91 et qui a fait date sur cette question. Et puis il ne faut pas oublier Noguez le souriant, dont la culture et l’humour noir lui ont fait écrire des fantaisies borgésiennes sous forme de fausses études littéraires, comme Lénine Dada ou Les trois Rimbaud. Avec ce dernier titre, Noguez analysait avec un sérieux imperturbable l’œuvre fictive d’un Rimbaud qui ne serait pas mort à Marseille et serait devenu académicien.
On retrouve ce goût pour la littérature et la vie littéraire dans Une année qui commence bien. On découvre ainsi de nombreux dîners d’écrivains, dont certains avec Houellebecq, ami de longue date ou encore un séjour en résidence à Kyoto. On aurait envie, du coup, de lire un jour le journal intime de Noguez qu’il tient depuis l’adolescence et qui a servi de matériau pour Une année qui commence bien, notamment celui de l’époque où le jeune Noguez, en 65, présentait sa première nouvelle aux Cahiers des saisons, cette revue qui se voulait un refuge contre la littérature engagée. A la façon dont Dominique Noguez évoque encore aujourd’hui les silhouettes de ses premiers parrains, Jean-Louis Curtis et Jean-Louis Bory, on se dit que l’on tiendra là un document de premier ordre. En attendant, on lira avec bonheur cette confession qui « doit tout à l’autobiographie et rien à l’autofiction » nous dit Noguez, agacé par cette mode littéraire qui joue avec la sincérité et permet à l’écrivain de se dérober en faisant croire qu’il dit tout.

On signalera le dernier numéro de la revue Décapages (Flammarion) consacre un dossier substantiel à Dominique Noguez.
paru dans VA septembre 2013