jeudi 25 juillet 2013

Hors d'atteinte

Retrouvez ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, printemps 2015)

©jérome leroy, juillet 2013


dimanche 21 juillet 2013

Cythère Airport

Et dans l'aéroport, porte 46, Watteau se demanda où il avait bien pu mettre sa carte d'embarquement pour Cythère.

vendredi 19 juillet 2013

Je suis un communiste algérien. In memoriam Henri Alleg

Chaque année, à la fête de l'Humanité, j'allais lui serrer la main. L'année dernière, il y avait sa place, mais il n'était pas là. Cette année, il n'y sera pas non plus, et définitivement cette fois-ci.
Quand  cette époque si visiblement stupide, se vautre dans les délires ethniques, le retour du refoulé raciste, le choc des civilisations programmé pour détourner de la lutte des classes, il faut se souvenir de Henri Alleg. 
Communiste, anticolonialiste, torturé par l'armée française (combien d'Erulin pour Un Pâris de La Bollardière?), membre du Parti Communiste Algérien, Henri Alleg est l'auteur de La Question aux éditions de Minuit, vous savez Lindon, la Résistance, toussa.  
A l'époque, en pleine guerre d'Algérie, il y eut des hommes de droite pour s'indigner et de l'interdiction du livre et de ce qu'il racontait. Il est vrai qu'il s'agissait de François Mauriac. Et rien parmi les polémistes stipendiés du néo-droitardisme ne vient nous rappeler aujourd'hui par quel aspect que ce soit, François Mauriac.
Le Parti Communiste Algérien (PCA) a réussi l'exploit d'être interdit par le colonisateur français mais aussi, plus tard, par la dictature des hiérarques du FLN qui ont substitué une oligarchie nationale à une oligarchie impérialiste.
Aujourd'hui, comme tous les communistes, je suis un communiste algérien. 
Et je vous emmerde.

mardi 16 juillet 2013

L'été, au hasard...

Soudain l'été dernier
Un été 42
L'été grec
Eté violent
L'été en pente douce
Le vin de l'été
La mort en été
L'été dangereux
Un été de porcelaine
L'été
Une fille pour l'été
Le songe d'une nuit d'été
Faustine et le bel été
L'été 14
Une porte sur l'été
Un été autour du cou
L'été meurtrier
Dix heures et demie du soir en été
Conte d'été
Tristesse d'été

(Les vingt titres ci-dessus sont ceux qui nous sont revenus spontanément ou presque. Ils ne préjugent pas de nos goûts, seulement de notre mémoire. Si vous voulez jouer, chansons, livres, films, poèmes, etc..sont autorisés. Le recours aux rayonnages d'une bibliothèque aussi. On évitera en revanche le recours au net.)

dimanche 14 juillet 2013

Prends garde à la douceur des choses...

Environs de Rouen, 14 juillet 2013, 21h30...

Lecture politique d'une fiche de paie

Par la Scop Le Pavé, à la pointe de l'éducation populaire, cette lecture politique d'une fiche de paie qui tient autant du sketch que du cours d'économie politique. 
Il y a en a pour vingt cinq minutes. C'est drôle et lumineux.
Vous auriez tort de vous en priver. C'est mon cadeau du 14 juillet, des fois que cela nous redonne des idées de révolution.


vendredi 12 juillet 2013

Yveline Céry



Louve française
Avec Tepaz
Plage
Danse
Guerre d'Algérie
De l'autre côté de la nuit
De l'autre côté de la mer
De l'autre côté de l'été
Louve française
Avec Tepaz
Et infinie douceur
Louve française
De l'autre côté du temps.


Les livres de mes amis...

...sont de bons livres puisqu'ils ont été écrits par mes amis et que je ne pourrais pas avoir pour amis des gens qui écriraient de mauvais livres. Les imbéciles, les jaloux et les impuissants parlent de copinage alors qu'il s'agit surtout d'affinités électives fondées sur le goût.
Vous aurez donc le plaisir de trouver en librairie, dès la fin du mois d'août ou début septembre, ces titres que je vous recommande vivement, mais on en reparlera.

François Marchand, Cycle mortel (Ecriture)
Philippe Lacoche, Les matins translucides (Ecriture)
David di Nota, Ta femme me trompe (Gallimard)
Frédéric Schiffter,  Le charme des penseurs tristes (Flammarion)
Dominique Noguez, Une année qui commence bien (Flammarion)




Pour complément d'information, la revue Décapages consacre un dossier à "Dominique Noguez par lui-même."  On y trouve un document qui ne bouleversera pas l'histoire littéraire mais qui renvoie aux  dernières années où des blanc-becs prenaient la plume pour dire à certains écrivains qu'ils les admiraient.

lundi 8 juillet 2013

Cherche machine à remonter le temps, même d'occasion.

On peut vivre sans avoir vu et revu Adieu Philippine de Jacques Rozier. 
Enfin, il paraît...



Perdre pied?

L'homme sur la photo est l'écrivain Raymond Guérin (1905-1955). Ceux qui n'ont pas encore lu L'Apprenti, Parmi tant d'autres feux ou Le temps de la sottise sont des veinards. Guérin, avec Calet ou Gadenne, fait partie d'une génération oubliée qui n'était ni sartrienne, ni néo-romanesque ni même hussarde. Et pourtant, ce sont des grands, des très grands, mais inclassables. Ca ne pardonne pas, ça. On y reviendra peut-être.
Mais ce qui m'intéresse, en l'occurrence, c'est la photo. Elle provient de la couverture du premier numéro (Eté 2010) de l'excellente revue annuelle Capharnaüm (Finitude). 
Que montre la photo?
Qu'un écrivain apparemment heureux, en vacances durant l'été 37, qui se baigne dans une mer d'huile a en fait l'air profondément inquiet. Pas très loin de la panique, même.
Pour qui veut bien regarder.
En fait, c'est parce qu'un écrivain ne sait jamais s'il se baigne ou s'il se noie.  Sur la photo, on sent bien que Guérin est très seul et qu'il ne faudrait pas grand chose pour qu'il perde pied. 
Il garde une apparence flegmatique parce qu'il a sa fierté. Mais bon. On devine sans trop de peine que ça ne va pas fort. 
D'ailleurs, si ça allait aussi bien que ça, on ne voit pas pourquoi il aurait gardé ses lunettes.

dimanche 7 juillet 2013

Larbins atlantistes

Le président Morales montrant la couille molle qui a refusé le survol du territoire national.
Nous n'avons pas ici de sympathie particulière pour le geek néocon libertarien déçu Edward Snowden qui s'est découvert une vocation de Winston Smith face au totalitarisme de la NSA. Ceci dit, n'importe quel type persécuté par des services secrets US devrait, de facto, recevoir l'asile politique en France sans la moindre restriction.
Inutile de rappeler ici que sans De Gaulle et les communistes, nous serions devenus en 44 un protectorat étasunien avec une monnaie d'occupation comme l'avait prévu l'Amgot. Les mauvais esprits me feront remarquer que nous avons aujourd'hui une monnaie d'occupation, l'euro, et que nous sommes un protectorat de l'Empire, tel que le définit Toni Negri:"Notre hypothèse fondamentale est que le déclin de la souveraineté des Etats nationaux n'implique nullement le déclin de la souveraineté en tant que telle. Au contraire, elle a pris une forme nouvelle, structurée à travers toute une série d'organismes, nationaux et supranationaux, unis par une logique unique de gouvernement. Cette nouvelle forme mondiale de souveraineté est ce que nous appelons l'Empire. L'Empire englobe la totalité de l'espace. Aucune frontière ne le limite. Il se présente non pas comme un régime historique qui tire son origine d'une conquête, mais comme un ordre qui suspend le cours de l'Histoire et le temps, fixe l'état présent pour l'éternité et la manière dont les choses sont et seront pensées."
On pouvait néanmoins penser, même après cinq ans de sarkozysme qui marquèrent, plus encore que sous Giscard, le summum de la servilité atlantiste avec gourmette incorporée, que quelques anticorps gaullo-communistes restaient présents dans le sang du Vieux Pays. Hélas, c'était compter sans la crapulerie hollandiste sociale-libérale. Le beau geste du Mali, sans doute un instant d'égarement, vient d'être effacé par un geste d'une rare lâcheté: avoir refusé le survol du territoire national par l'avion transportant le camarade-président bolivarien et bolivien Evo Morales, au prétexte que peut-être l'appareil aurait eu pour passager Snowden. On apprenait dans la foulée, du coup, que contrairement à ce que prétendait le petit télégraphiste de la post-social-démocratie, il y avait bien eu demande d'asile à la France par Snowden et que la France, enfin le pouvoir hollandiste, l'avait refusé. 
Bah oui, faudrait voir à pas trop perturber le libre échangisme, ce mot si révélateur qui fait penser à une boîte à partouzes pour charcutier de Montargis et notaire d'Arpajon persuadés d'être des libertins affranchis alors qu'ils ne sont que des cochons à fesses molles.
La zone chaviste libérée de ce blogue exprime donc au peuple bolivien et à son président Morales ainsi qu'aux nations de l'Alba, dernier îlot de résistance à l'Empire, ses regrets pour l'inqualifiable conduite française.
Et pour ce faire, nous offrons un scopitone de circonstance à Evo Morales:

L'écrivain, le tueur et la lolita: Polarama de David Gordon

sur Causeur.fr
Polarama de David Gordon (Actes Sud, actes noirs, traduction de Laure Manceau.) 

« Au moins, les livres que j’écrivais étaient d’honnêtes mensonges. Les personnages étaient peut-être du genre déjà vu, voire interchangeable, mais je ne me targuais pas de sonder la psychologie de mes vampires et de mes cyborgs. » Pourtant, à force d’écrire des horreurs, les horreurs finissent par arriver. Polarama, le premier roman de l’américain David Gordon repose sur ce postulat simple. Il nous raconte une histoire tour à tour drôle et atroce, désinvolte et monstrueuse tout en poursuivant, l’air de rien, une réflexion des plus pertinentes sur l’écriture, ses pouvoirs, ses limites et ses dangers. Le héros de David Gordon est un écrivain new-yorkais, Harry Bloch. Harry Bloch utilise de multiples pseudonymes pour écrire des romans de genre  et œuvre avec un égal bonheur dans le serial-killer, la SF, le porno et les vampires. Bien entendu, il ne vit pas cela très bien. Il s’était rêvé Joyce et il se retrouve OS de la littérature populaire, prolo du clavier, tireur à la  ligne de fictions calibrées.
Sa femme, Jane, beaucoup plus intello l’a quittée pour un véritable auteur, un auteur célébré par la critique, que tout le monde reconnaît mais que personne ne lit. Harry Bloch, lui, c’est le contraire : pas mal de gens le lisent mais personne ne sait qui il est.  Son humour le sauve cependant de l’aigreur, ce qui en fera un narrateur très sympathique. D’ailleurs, en général, on aime bien Harry Bloch, comme Claire, quinze ans, fille d’un millionnaire, à qui il donne des cours particuliers et qui devient son amie, vivant presque à domicile chez lui. C’est cette lolita surdouée qui  va par exemple lui donner l’idée de se déguiser en femme pour la photo de quatrième de couverture de ses romans de vampire en utilisant les vêtements de sa mère défunte. C’est que la jeune fille connaît sans doute son Psychose par cœur et sait que le film de Hitchcock est tiré d’un roman de Bloch. Pas de notre calamiteux narrateur, non, mais de Robert Bloch, l’un des grands noms de la littérature noire. C’est aussi cette délurée qui s’arrange pour monter un chat en direct pour que Bloch discute avec ses lectrices draculophiles ou qui s’occupe de lui trouver des avocats de renom quand les choses vont se compliquer car, évidemment, les choses vont se compliquer.

Harry Bloch commence à avoir de vrais soucis quand il est contacté par Darian Clay, un tueur qui attend son exécution dans le couloir de la mort. Darian Clay a apprécié les livres de Harry Boch, enfin surtout ceux de la série porno. Darian  met en main à Bloch un marché assez simple. Ce tueur est accusé du meurtre de quatre femmes. Il a transformé le corps de ses victimes en performance artistique, en cachant soigneusement les têtes que l’on n’a jamais retrouvées. Il parle à Bloch comme à un collègue artiste. Il est prêt à raconter toute sa vie à Bloch, y compris ce que n’a jamais réussi à savoir la police. Il y met une condition : c’est que Bloch égaie ses derniers jours en lui écrivant des scénarios érotiques. La matière de ces scénarios ? Les lettres que Darian Clay reçoit de toutes les allumées masochistes, les déséquilibrées nymphomanes qui rêvent de  faire l’amour avec le tueur et de connaître l’ultime extase. Si Bloch accepte de les rencontrer et met tout cela en forme, Clay fera la fortune de Bloch qui pourra sortir des infos exclusives après l’exécution. Bloch, poussé par la jeune Claire, accepte. Il a tort : il se met à dos l’agent spécial du FBI qui avait arrêté Clay et voulait faire son propre livre, mais aussi la famille des victimes qui refusent l’idée que Bloch fasse de l’argent avec leur chagrin. Sans compter, très vite, que les filles interrogées par Bloch meurent les unes après les autres selon le même modus operandi que celui de Clay, pourtant toujours enfermé dans le couloir de la mort.
Dans le roman noir, le personnage de l’écrivain, comme celui du détective alcoolique ou du flic ripou avec des problèmes conjugaux, a déjà eu ses lettres de noblesses. Que l’on songe, par exemple, à l’extraordinaire Adios Schéhérazade de Donal Westlake. Polarama y fait souvent penser, et les amateurs du genre sauront que ce n’est pas là un mince compliment. On lira dans Polarama des confessions érotiques salées, des peintures assez cruelles des milieux intellos new-yorkais, des extraits des romans de Harry Bloch et surtout une remarquable histoire pleine de chausse-trappes et de retournements que même le lecteur habitué ne verra pas venir. C’est assez rare pour être souligné. Et puis ce qui est bien, dans Polarama, c’est que l’on apprend la différence entre un tueur et un écrivain, chose moins évidente qu’il n’y paraît à première vue : « Non pas que les artistes et les écrivains ne comptent pas de tarés dans leurs rangs. Nous le savons bien. La plupart le sont d’ailleurs peut-être, dans une certaine mesure. L’art est de toute façon une entreprise absurde. Mais je pense que chez l’écrivain, la part qui écrit est la part saine d’esprit, celle qui cherche à sauver le monde de l’oubli, à préférer la vie à la mort, en couchant tout ça sur le papier. »

samedi 6 juillet 2013

Ce spectre de moi qui commence


"Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
 Ce spectre du moi qui commence
La ville à l'aval est dorée
A l'amont se meurt la romance"

Autant vous préparer tout de suite, même si vous aviez déjà des doutes.


-Dieu est mort. On a retrouvé sa carcasse dérivant dans l'espace du côté d'Alpha du Centaure, en 2019.

Philip K.Dick, Our friends from Frolix 8

mercredi 3 juillet 2013

Prism: rendez-moi la guerre froide!

 paru sur Causeur.fr

Rendez-moi la guerre froide. Sérieusement, c’était quand même beaucoup plus simple et donc beaucoup plus chic. Comme la bonne littérature, comme le style, comme les romans de John Le Carré ou de Len Deighton, ceux d’avant la chute du Mur. Il y avait les bons et les méchants. L’Ouest contre l’Est. Le paradis démocratique de la libre entreprise contre l’empire totalitaire du mal. Les Wayfarer de Kennedy contre les croquenots de Khrouchtchev. On ne se battait pas à longueur de chaines infos contre des concepts, comme le terrorisme ou l’islamisme, on se battait en secret contre des blocs, des pays, des armées constituées. C’était plus logique, plus rationnel. Une guerre contre le terrorisme, non, sérieusement, pourquoi pas une guerre contre la mort ?
En plus, quand la guerre froide devenait chaude, la fin du monde était toujours possible et la fin du monde, c’est plus intéressant à suivre que du mou dans la corde à nœuds du libre échange. Ça tenait à un bateau soviétique qui franchissait une ligne rouge ou à un pilote américain qui perdait ses nerfs. Pas à une exception culturelle pour sauver les comédies de trentenaires parisiens ou à l’importation massive de bœufs hormonés et de semences privatisées pour empêcher les paysans de semer leurs propres graines.
C’est vrai, tout de même, on a l’impression avec Prism, la NSA et Edward Snowden dans une salle d’attente qu’on est davantage dans un litige planétaire entre épiciers qui se font de la concurrence déloyale pour nous refourguer les mêmes produits trafiqués alors que le communisme et le capitalisme, on voyait bien la différence. César Birotteau contre Docteur Folamour, des histoires de parfumeurs contre une crise des missiles : on a un peu perdu le sens du tragique, c’est le moins qu’on puisse dire. Et de l’esthétique. Sérieusement, regardez et comparez le chic oxonien de Kim Philby, la plus grande taupe soviétique du siècle précédent et l’allure de taupin de math spé de Snowden. Le gentleman contre le geek, le tweed contre le jean, les churchs contre les converse, le porto vintage des caves de Cambridge contre le Coca zéro du MacDo de l’aéroport de Cheremetievo.
Oui, décidément, rendez-moi les échanges pluvieux de transfuges à Check Point Charlie. Une époque où les Allemands faisaient moins les malins, tiens, avec Berlin qui ne dictait pas sa politique à l’Europe mais qui était une ville coupée en deux où l’on pouvait même trouver une zone française. Ils sont vexés, les Allemands, d’ailleurs avec cette histoire de Prism, et les Anglais aussi. C’est bien la peine de la jouer atlantistes comme pas deux et de se retrouver quand même cocus. Nous, on est davantage des habitués de la chose. On a toujours énervé les Américains. Je ne parle même pas de la dernière guerre du golfe où on est pratiquement devenus les chefs de l’axe du mal et où dans les films hollywoodiens, les méchants sont devenus des Français. Non, ça avait commencé avec De Gaulle, le retrait de l’OTAN, la stratégie tous azimuts avec nos missiles pointés à l’Est et à l’Ouest, sans compter la mort assez mystérieuse du général Ailleret, en 68, qui avait organisé tout ça.

Mais bon, les hommes ressemblent plus à leur temps qu’à leurs pères. On va se plaindre parce qu’on est écouté, ou plutôt parce que tout le monde écoute tout le monde. On pourrait commencer par nettoyer devant notre porte. Je ne parle même pas des états européens qui doivent écouter les USA comme tout le monde l’avoue à mi- mot. Non, je parle de nous en tant qu’individus qui acceptons à peu près tout en matière de technologie comme de grands enfants apeurés et paranoïaques.
On va pleurer parce que des agents de la NSA écouteraient nos communications mais on est incapable de prendre sa voiture pour quelques kilomètres sans brancher son GPS. Et quand j’ai vu  que les Smartphones disposent d’ « applis » de géolocalisation, j’ai renoncé à tout espoir. Le citoyen est devenu son propre Big Brother. On ne voit donc pas par quel miracle des états ou des continents ne se comporteraient pas de la même manière. Les esclaves ont les maîtres qu’ils méritent.

1967


Cette année là, ma maîtresse était la femme d'un notaire d'Arpajon. Quand je quittais Paris pour la rejoindre, dans mon ID beige, j'écoutais ça  sur mon autoradio Blaupunkt avec lecteur de cassettes. J'éprouvais un fort sentiment d'aventure sur la nationale qui m'amenait vers le corps indolent et blond d'une bourgeoise rêveuse.  J'étais assez faraud, dans mon genre.