samedi 30 avril 2011

Standard and Poor’s, Lautréamont et Fukushima

Un article chez Causeur sur l'indécence de plus en plus grande des agences de notation. Pendant l'apocalypse, le capitalisme continue. Ils crèveront moins vite, hélas, que les travailleurs précaires qui meurent dans les ruines radioactives.


jeudi 28 avril 2011

Fred, trois ans après (2)

Depuis décembre, on y bosse. On appelle ça être commissaire scientifique.  Commissaire politique, why not, mais commissaire scientifique...
Le vernissage aura lieu le 30 avril, à 17H. L'exposition, elle, durera jusque fin juillet. 

mercredi 27 avril 2011

André Breton, évidemment.

"Je vous souhaite d'être follement aimée.".



Les mondes d'après, maintenant.

Précisons que le projet de l'excellent Aurélien Bernier, auteur entre autres de  Le climat otage de la finance (1001 nuits), date d'avant Fukushima et même de la marée noire en Louisiane. Mais chaque catastrophe aujourd'hui a cette étrange conséquence qu'elle transforme l'anticipation en histoire de plus en plus rapidement.
Ce livre devrait donc se trouver ces jours-ci en librairie et, en tout état de cause, verra plusieurs de ses contributeurs dont Aurélien Bernier et Mézigue présents au dixième Salon du Livre d'expression populaire et de critique sociale qui se tiendra, répétons-le, le 1er mai à Arras, ville faut-il le rappeler qui vit naître Robespierre,  l'homme qui expliqua aux ennemis du peuple, avec courtoisie mais avec fermeté, les vertus égalisatrices de la guillotine.
Un blogue sur ce recueil a été ouvert ici

mardi 26 avril 2011

Fred, trois ans après (1)

Le 1er mai, cela sera le troisième anniversaire de la mort de Frédéric H. Fajardie. En 2009, on avait déjà rendu hommage à celui qui avait été un ami autant qu'un modèle littéraire avec un roman dont il était le personnage principal, En harmonie.
Cette année, pour l'occasion, avec le camarade Sébastien Lapaque, on a choisi trente-trois de ses nouvelles pour en faire une anthologie. L'amnésie galopante qui entoure la mort des écrivains aujourd'hui et a tendance à leur faire connaître instantanément une manière de purgatoire doit être absolument combattue. Surtout dans le cas de Fred, qui avait discerné très tôt, presque en direct, l'infamie bien particulière des années 80 et leur bascule définitive dans le cauchemar spectaculaire-marchand. Il nous a donc semblé utile, à Lapaque et à moi, d'offrir au public ce livre qui est aussi une manoeuvre de retardement.

Des petites fleurs rouges devant les yeux (La Table Ronde, la petite vermillon, 460 pages, 10 euros)

lundi 25 avril 2011

Colères du Présent: dixième rendez-vous

On rappelle qu'Arras n'est qu'à une cinquantaine de minutes de Paname par tégévé. Le programme des festivités est téléchargeable ici

25 de Abril

Comme chaque année dans la zone chaviste libérée, nous sommes heureux de célébrer l'anniversaire de la plus aimable révolution du siècle dernier, dite des Oeillets.
Nous souhaitons également au peuple portugais de retrouver cet esprit du 25 avril 1974 et de se soulever contre la nouvelle dictature des agences de notation, de l'UE et du FMI,  et de chasser du pouvoir les valets indélicats qui les dirigent.

samedi 23 avril 2011

vendredi 22 avril 2011

Siamo tutti in pericolo

 Nous sommes tous en danger. 
Il me plaît assez en ce Vendredi Saint, d'évoquer la figure la plus éminemment christique du vingtième siècle: Pier Paolo Pasolini. 
Communiste, martyr, pédé, poète, catholique, athée, mystique,  il a comme Jésus fait en son temps le beau travail du négatif et de la subversion. Il l'a fait au nom de l'amour et de la révolution. Il fallait donc qu'il meure. Comme le Christ sur sa Croix. 
Qu'il s'agisse de quelques ragazzi vénaux et balnéaires instrumentalisés par des polices parallèles fascisantes ou de collabos infâmes vendant à l'occupant romain le chef d'un groupe révolutionnaire après avoir "retourné" un de ses membres pour douze deniers, que l'on soit sur une plage d'Ostie ou sur le Mont des Oliviers, c'est toujours la raison d'Etat qui est à la manoeuvre pour préserver le règne de l'approbation généralisée et de la soumission à l'ordre ancien.
Florence M., lors d'un de ces  déjeuners de soleil du côté de la rue de Belzunce, que nous avons trois à quatre fois par siècle, a eu la gentillesse entre quelques verres d'Amphibolite et un Morgon de chez Foillard de m'offrir L'ultima intervista di Pasolini de Colombo et Ferretti (Allia). Il s'agit du dernier entretien donné par Pasolini, quelques heures avant sa mort, le 2 novembre 1975.
C'est un texte court et essentiel, et pas seulement parce qu'il serait mis en perpsective par la fin violente qui attend son auteur le matin suivant. Pasolini, désespéré mais lucide, presque désorienté, analyse les formes inédites du basculement discrètement totalitaire entre monde d'avant et monde d'après, alors que partout l'économie spectaculaire marchande étend son emprise et n'hésite pas à le faire par la violence:
"L'enfer est en train de descendre chez vous. Il est vrai qu'il s'invente un uniforme et une justification (quelquefois). Mais il est également vrai que son besoin de violence, d'agression, de meurtre est partagé par tous. (...) Peut-être est-ce moi qui me trompe, mais je continue à dire que nous sommes tous en danger."
Siamo tutti in pericolo.

mardi 19 avril 2011

Et la nuit seule entendit leurs paroles...

De gauche à droite, Clément Rosset, Frédéric Pajak,  Roland Jaccard, Arnaud Le Guern, Frédéric Schiffter et mézigue, dans la nuit du 14 au 15 avril.
La Schiffterina  était derrière l'appareil et Dominique Noguez ouvrait la route vers le Lutétia.
Aucun agent de la DCRI dans les environs, ces gens là ne sauront jamais ce qu'ils ont perdu.

lundi 18 avril 2011

Roland Jaccard, communiste sexy et balnéaire, en fait.

Lors d'un dîner récent, quelque part dans le VIème arrondissement, en compagnie de Clément Rosset, Frédéric Schiffter et la Schiffterina, Frédéric Pajak, Dominique Noguez et Arnaud Le Guern, le décidément délicieux Roland Jaccard offrit aux convives présents le dernier titre paru dans sa collection "Perspectives critiques" aux PUF, Ruse et déni de Henri Raczymow mais aussi le numéro de la revue Les moments littéraires. Jaccard y est portraituré par Tahar Ben Jelloun (personne n'est parfait) mais répond aussi de façon émouvante aux questions du rédacteur en chef de la revue Gilbert Moreau et, last but not least, livre trente pages inédites de Fragments autobiographiques que nous recommandons vivement.
A une question sur ses habitudes de joueur d'échec dominical au bar du Lutétia, Jaccard répond de la manièresuivante et la dernière phrase pourrait servir de devise parfaite à notre utopie imminente, celle d'un communisme sexy, poétique et balnéaire enfin réalisé. 

"A Paris, je vis dans trente-huit mètres carrés, sous les toits, au sixième sans ascenseur, je n'ai pas d'eau chaude. Quand on choisit de vivre à Paris comme écrivain et qu'on n'a pas de fortune personnelle, il vaut mieux ne pas avoir de famille et réduire au maximum les dépenses courantes. Alors, de temps en temps, on a besoin de connaître le faste, le luxe. Ce n'est pas bon, psychologiquement d'être toujours soit dans le luxe, soit dans la misère. Si vous êtes toujours dans le luxe, vous avez envie de vous suicider, si vous êtes tout le temps dans la misère, vous en bavez. Il faut des aller-retours sur l'échelle sociale, tout comme sur l'échelle des âges ou des races. Quitter mon deux-pièces pour aller dans un hôtel deux étoiles, je ne vois pas l'intérêt. Tandis que le palace, c'est vraiment un lieu où je me sens à l'aise et je trouverais stupide de m'en priver. J'aime les palaces. Et je ne vois pas pourquoi le luxe serait réservé aux riches."

dimanche 17 avril 2011

Dimanche des Rameaux

Et ils amenèrent à Jésus l'ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et firent monter Jésus.
Quand il fut en marche, les gens étendirent leurs vêtements sur le chemin.
Et lorsque déjà il approchait de Jérusalem, vers la descente de la montagne des Oliviers, toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus.
Ils disaient: Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur! Paix dans le ciel, et gloire dans les lieux très hauts!
  
Quelques pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus: Maître, reprends tes disciples.
Et il répondit: Je vous le dis, s'ils se taisent, les pierres crieront
Comme il approchait de la ville, Jésus, en la voyant, pleura sur elle, et dit:
Si toi aussi, au moins en ce jour qui t'est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux.
Il viendra sur toi des jours où tes ennemis t'environneront de tranchées, t'enfermeront, et te serreront de toutes parts;
ils te détruiront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée.
Il entra dans le temple, et il se mit à chasser ceux qui vendaient,
leur disant: Il est écrit: Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.
Il enseignait tous les jours dans le temple. Et les principaux sacrificateurs, les scribes, et les principaux du peuple cherchaient à le faire périr;
mais ils ne savaient comment s'y prendre, car tout le peuple l'écoutait avec admiration.
LUC, XIX, 29-44 

Cioran de solitude

  
 « Chaque pensée devrait rappeler la ruine d’un sourire. »



Cet article est paru dans une version écourtée dans Valeurs Actuelles du 14 avril

Cioran aurait eu cent ans cette année. Pour ce maître sarcastique du non vouloir, ce cosmonaute de la désillusion qui pensait en apesanteur permanente et qui disait que « vivre, c’est perdre du terrain »,  voir célébrer un tel anniversaire l’aurait sans doute amusé. La commémoration n’était pas franchement son genre de beauté, alors que le néant et l’insomnie, cet avant-goût de notre fin, sont tellement plus élégants. Célébrer la naissance de celui qui a écrit De l’inconvénient d’être né ne manque en effet pas d’un certain sel métaphysique : « Si autrefois, devant un mort, je me demandais : « A quoi cela lui a t il servi de naître ? », la même question, maintenant, je me la pose devant n’importe quel vivant. » 
Bien entendu, détester la vie comme on déteste une maladie, se méfier de la bonne santé qui est toujours celle des assassins et encourager aux aboulies morbides a quelque chose de paradoxal quand on laisse derrière soi une bonne vingtaine de livres, c’est à dire, horreur pour Cioran !, ce qu’il est convenu d’appeler une œuvre . Une œuvre de surcroît écrite dans un français dont la syntaxe racée a créé un style d’une incroyable énergie qui s’accomplit dans ces séries de décharges électriques que provoquent toujours les aphorismes, les maximes et autres fragments quand ils sont réussis. Voilà un homme qui veut nous désespérer, nous préciser nos modes de décomposition et qui, à chaque ligne, le fait avec un tel bonheur d’écriture qu’il n’y a pas de lecture plus diététique que celle de ce pessimiste avéré, de ce nihiliste qui porte le deuil de sa foi orthodoxe perdue et de sa Roumanie périphérique, aux confins de l’histoire et de l’espace, une Roumanie qui se vit comme un hasard malheureux par rapport à la perfection de l’Absence et du Non-Etre : « Thraces et Bogomiles, -je ne puis oublier que j’ai hanté les mêmes parages qu’eux, ni que les uns pleuraient sur les nouveaux-nés, ni que les autres, pour innocenter Dieu, rendaient Satan responsable de l’infamie de la Création .» 
Il faudrait, en ce qui concerne Cioran, pouvoir dater  la première rencontre comme Baudelaire voulait dater ses tristesses. Etait-ce, par exemple, Les syllogismes de l’amertume (1952) dans l’édition Gallimard de la collection Les Essais, austère et élégante sous sa couverture gris bleu ? C’est dans cette même collection, et à une année près que Roger Nimier écrivit son livre le moins connu, Amour et Néant, ce qui aurait pu être un titre de Cioran. Cela signifie-t-il que Cioran, par son style, sa cambrure, son ironie hautaine serait finalement le philosophe des Hussards, voire un philosophe hussard ? En tout cas Nimier, Laurent, Déon ou Blondin n’étaient pas du genre à aller chercher leurs leçons de vie chez Sartre (« Son œuvre ne restera pas, sa gueule, oui » écrit Cioran) ni à chercher de leçons de vie tout court, d’ailleurs. On peut donc penser que Cioran, qui s’applique si bien à n’en donner aucune, ne pouvait que leur convenir. Dans son remarquable essai, Cioran, Ejaculations mystiques, Stéphane Barsacq cite d’ailleurs Nimier pour qui Cioran est « cet élève du dernier rang, placé dans l’endroit le plus sombre de la classe et qui écrit de si belles narrations. » Et Barsacq de commenter avec justesse : « Ceux qui lisent Cioran avec gravité en ratent l’essentiel : il ne propose pas des idées. Il vise une expérience, et fait état de la sienne avec une frénésie continue. » Quand on a dix huit ans, que l’on est gonflé de systèmes philosophiques, de certitudes idéologiques et que l’on se montre arrogants comme le sont les jeunes gens qui ont bien écouté les cours de philo, il est extrêmement salubre, toujours dans Les syllogismes de l’amertume, de tomber sur l’aphorisme suivant : « Chaque pensée devrait rappeler la ruine d’un sourire. » Et c’est ainsi que Cioran vient de rentrer dans votre vie.

Il va y rester, plus ou moins présent selon les saisons de l’existence. Si on a la chance de le rencontrer relativement jeune, il enseigne la modestie, le désenchantement, l’ironie, l’art de se contredire. Cioran achève aussi de calciner les vestiges de vos vanités car la force des bons auteurs d’aphorismes, véritables snipers du sens, c’est la rapidité et la précision de leur tir de riposte: « Toute indignation – de la rouspétance au luciferianisme- marque un arrêt dans l’évolution mentale. » C’est aussi plaisant à lire que désagréable à entendre pour celui qui se voit philosophe médiatique, maître à penser et gourou des plateaux télévisés. Une des clefs du génie de Cioran est sans doute là : séduire et désenchanter dans un même mouvement, une même phrase, une même tournure. 

Il ne faut jamais oublier que Cioran est un écrivain écrivant d’abord en roumain mais qui a porté la langue française à un très haut degré d’incandescence. Il a en quelque sorte, avec l’objectivité d’un observateur extérieur, testé les limites de résistance du matériau pour voir s’il pouvait être le sien. Une fois qu’il a été certain que le français tiendrait, comme tient un blindage, il s’est forgé un style qui a davantage affaire avec La Rochefoucauld et les moralistes français (on peut renvoyer à ses Exercices d’admiration et à la préface de son Anthologie du portrait) que les tartines jargonneuses de l’existentialisme et du structuralisme qui prennent leur élan après guerre. Le moment de cette expérimentation, de ce passage d’une langue l’autre comme on passe d’un château l’autre, c’est Précis de Décomposition, qui paraît en 1949, premier livre de Cioran écrit directement en français et Barsacq note qu’il y a encore une certaine écriture artiste, sans doute parce que le Précis est un « grand poème d’idées folles » où Cioran « avait rhabillé Job de dentelles et de jabots sur un fumier de millions de morts » Il est vrai que Cioran ne vient pas de nulle part et que son centenaire est l’occasion de remonter en amont d’une vie qui n’a pas commencé à Paris lors de sa première arrivée comme boursier en 1937 ou comme exilé plus ou moins volontaire en 1941 dans une soupente du Quartier Latin, à noircir des cahiers et à se nourrir dans les restaurants universitaires. On a depuis plusieurs années déjà réédité son œuvre roumaine et cela continue ces temps-ci avec le Bréviaire des vaincus II que les éditions de l’Herne ont la bonne idée de faire accompagner de la Correspondance que Cioran entretint entre 61 et 78 avec Armel Guerne, un poète suisse qui est aussi, et c’est évidemment surtout ce qui intéresse Cioran, un traducteur de Novalis, Rilke ou Holderlin. 
On sait que ce désengagement radical de Cioran, ce refus absolu de toute idéologie a ses raisons biographiques. Ce fils de pope perd la foi à seize ans et croit pouvoir subsumer son désespoir dans l’engagement politique, notamment en côtoyant avec Mircea Eliade les membres de la Garde de Fer, le mouvement fasciste de Codreanu entre 36 et 40. Ce genre d’errements vaccine définitivement du fanatisme et Stéphane Barsacq cite Cioran notant en 1969 une conversation avec Ionesco, autre génie roumain, qui lui aussi avait bien compris comment les meilleurs esprits peuvent devenir des rhinocéros : « Eugène Ionesco avec lequel j’ai parlé longuement au téléphone de la Garde de Fer, et auquel je disais que j’éprouvais une sorte de honte intellectuelle à m’être laissé séduire par elle, me répond très justement que j’ai « marché » parce que le mouvement était complètement fou. » A partir du reniement de cette expérience souterraine, sulfureuse et fondatrice, Cioran va devenir celui que l’on connait, celui qu’il faut lire en des temps comme les nôtres qui ont vite fait de prendre le vilain teint plombé de l’apocalypse. Comme dans la nouvelle de Marcel Aymé, rappelée par Barsacq, Cioran est semblable à cette petite fille qui a volé des cerises, se conduit comme une sainte ensuite pour se faire pardonner et est accueillie au Paradis par Saint-Pierre : « Sois la bienvenue. Tu es parmi nous parce que tu as volé des cerises. » Cioran : heureuse faute qui nous vaut un tel sauveur ! 


A lire : Cioran, éjaculations mystiques de Stéphane Barsacq (Seuil, 150 pages, 14 euros) 
Bréviaire des vaincus, II de Cioran ( L’Herne, 120 pages, 13,50 euros) 
Lettres 1961-1978 de E.M Cioran et A.Guerne (L’Herne, 290 pages, 19 euros) P
our une approche plus universitaire, on se reportera à l’étude de Nicolas Cavaillès, Cioran malgré lui (CNRS éditions, 400 pages, 29 euros)

samedi 16 avril 2011

Harry in love

Une nouvelle noire et inédite de votre serviteur par ici. Il s'agit du site Polar Noir d'Etienne Borgers qui a deux qualités essentielles à mes yeux : il est belge et il aime le genre.


A lire en écoutant par exemple White rabbit de Jefferson Airplane


Jefferson Airplane White Rabbit par oliviafantasy

mercredi 13 avril 2011

Quand ça ne capitule plus devant le capital!

Pour toi qui pâlis au nom de Reikjavik, on revient en Islande, l'autre pays de la révolution, sur Causeur.

mardi 12 avril 2011

Cosmonautes

12 avril 1961


"Car dès que la flamme eut dévoré un rang de fusées, qu'on avait disposées six à six, par le moyen d'une amorce qui bordait chaque demi-douzaine, un autre étage s'embrasait, puis un autre; en sorte que le salpêtre prenant feu, éloignait le péril en le croissant. La matière toutefois étant usée fit que l'artifice manqua; et lorsque je ne songeais plus qu'à laisser ma tête sur celle de quelques montagnes, je sentis (sans que je remuasse aucunement) mon élévation continuer, et ma machine prenant congé de moi, je la vis retomber vers la terre."
Cyrano de Bergerac, Histoire comique des états et empire du soleil 

dimanche 10 avril 2011

Martinet, Enard (Jean-Pierre), Forton, Calet, Guérin

En ce moment, allez savoir pourquoi, sans doute pour conjurer le fatum comme disaient les Anciens, nous avons la fâcheuse tendance à ne lire que des écrivains scoumounards, morts dans la quarantaine ou la petite cinquantaine, bien mal vendus de leur vivant et connaissant la postérité aléatoire mais sincère de quelques fervents. 
On vient de voir que la décidément excellente maison Finitude de Bordeaux allait publier, mais pas avant la mi-mai, le deuxième numéro de leur revue Capharnaüm  consacré à la correspondance de Jean-Pierre Martinet avec Alfred Eibel, ce cher homme qui nous aida dans nos premiers pas de pigiste au Quotidien de Paris, circa 1989, et nous fit lire tous ces gens-là, et aussi Georges Perros, maintenant que ça nous revient.
Un extrait de cette correspondance est donné sur le site de Finitudes (cherchez vous même le lien, il fait 25°, je n'ai plus de Trinch et le rosé de Jean-Christophe Comor, L'apostrophe, attend de rafraichir un peu).
Voilà ce qu'écrit Martinet, donc, à Alfred Eibel, disons en 79-80

 «C’est vraiment un piège à la con, la littérature : moi, par moments, ça me flanque la nausée, je t’assure (et ce n’est pas de la littérature!). [...] Oui, un piège à cons, il n’y a pas d’autres mots: tout ce mécanisme, les relations auteur/éditeur, oui, tout cela, quelle pitoyable comédie (et en plus elle se joue devant une salle vide!). On a parfois l’impression que l’écriture est le dernier refuge de ceux qui ne savent rien faire: statut pas très glorieux, il faut bien le reconnaître, surtout quand le succès n’est pas au rendez-vous, comme c’est presque toujours le cas. La dernière fois que j’ai réellement éprouvé du plaisir à écrire (une jouissance, oui, même si le mot est bien galvaudé), cela remonte à Jérôme (qui est, comme par hasard, ce que j’ai fait de mieux). Tu vois que cela ne remonte pas à hier!... »
 

J'en connais des copains écrivains (et mézigue), aujourd'hui, qui signeraient des deux mains une telle lettre, parce que rien n'a changé. Martinet a fini kiosquier à Tours puis alcoolique chez sa vieille mère à Libourne. Cela ne l'a pas empêché d'être un gigantesque écrivain avant d'être usé par tout ça. Tenez, puisqu'on parle de Jérôme, on vous donne un article publié dans Valeurs, au moment de la réédition de ce roman par Finitude, en 2009.


Jérôme de Jean-Pierre Martinet (Finitude, 24 euros)

Ils ne sont plus très fréquents les romans d’après-guerre dont le titre est le nom d’un personnage. Sans doute parce que l’humanité s’est perdue de vue le temps d’une guerre où l’homme a vu ce qu’il pouvait faire à l’homme. Jérôme, roman total de l’écrivain Jean-Pierre Martinet mort en 1993, inconnu et alcoolique, est à ce titre un contre-exemple magnifique. On est étonné que cette errance à la fois onirique et hyperréaliste sur cinq cents pages serrées n’ait pas connu un plus grand retentissement à sa sortie en 1978. En même temps ce livre monstre a eu les lecteurs qu’il fallait : Alfred Eibel, Raphaël Sorin, Gérard Guégan. Cela suffit à vous faire traverser le temps et à nous rappeler cette évidence somme toute rassurante : il n’y a pas de génies inconnus, il n’y a que des génies méconnus.
Mais quel que soit le nombre de ceux qui découvriront Martinet et son Jérôme aujourd’hui, ils comprendront tous, à la lecture de ce Dante égaré dans les cercles crapoteux d’un enfer urbain incertain et jamais nommé, qu’ils sont en présence d’un écrivain aussi furieux, désespéré et incontrôlable que les figures tutélaires qu’il convoque avec un naturel de grand seigneur : Joyce, Céline, Dostoievski. 
Martinet, dans Jérôme est l’écrivain du torrent verbal et de la métaphysique au marteau, il est obscène comme le malheur et glorieux comme un martyr. La nuit tombe toujours chez Martinet comme dans un titre de Goodis, le grand écrivain de la scoumoune qu’il met  d’ailleurs en exergue à Ceux qui n’en mènent pas large, un petit joyau putride sur la dérive bistrotière de  deux ratés de l’industrie du spectacle.
Cette qualité de désespoir, cette Martinet’s touch nous ne sommes décidément pas prêts de l’oublier : « Peut-être que toute cette ignominie allait se retourner comme un gant, d’un seul coup, alors, peut-être, oui, j’apercevrais l’envers  du décor. »


C'est tellement bon, quand ça résiste...

Les Islandais nous avaient déjà prévenus avec leur volcan: ils sont en colère. Il est hors de question pour eux d'assumer la charognerie de leur banque privée Icesave qui a ruiné des épargnants anglais et néerlandais (bien faits pour leurs gueules, ils n'avaient qu'à avoir un système par répartition, ces larbins libéraux) dans le crash de 2008. 
Parce qu'il faut savoir que chaque citoyen islandais se retrouverait à peu près dans la situation d'assumer pour quelques ordures avides de traders déconnectés et cocaïnomanes un remboursement de 12 200 euros... par tête et jusqu'en.... 2046 !
Alors les Islandais disent non. Referendum après referendum. Contre l'Europe, le FMI, leurs propres députés vendus, ils disent non, non, non. On dirait une chanson d'Amy W.
Pour plus de détails, on peut voir ici. C'est dans le Monde. Profitez-en parce que les média par ici sont d'une discrétion de violette sur cette révolution douce aux pays des grandes blondes rieuses qui se baignent nues dans les sources d'eau  brûlante au milieu de la glace, ce qui est une assez bonne métaphore de leur résistance anticapitaliste courageuse. 
Oui, par ici, on préfère amuser le tapis  des fantasmes sur l'islamisation, avec Guéant dans le rôle de monsieur Déloyal. Pendant que des abrutis vérifient s'il n'y a pas un islamiste dans la cave de leur pavillon, les banques leur mettent profond mais il sont persuadés que c'est pour leur bien, ces consternants larbins. Certains viennent même étaler en horde leur connerie inculte et syntaxiquement douteuse d'esclaves consentants dont le racisme est de plus en plus décomplexé. Cet égoût s'appelle la réacosphère.
Qu'ils crèvent.
Pendant ce temps, les Islandaises leur font un doigt d'honneur, à eux et au système délirant qui vit ses derniers instants dans le risible et doux fracas de la baisse tendancielle du taux de profit
Islandaises, Grecques, " tourné du côté de l'ombre, je vous vois, mes filles, mes reines!"
-Travailler pour rembourser les dettes d'Icesave? Ils me prennent pour une sarkozyste ou quoi, ces cons? 

PC(jamais PS): la photo est d'Elina Brotherus, une Finlandaise, mais bon...  
PC2: ce post est plus particulièrement dédié à l'étudiante grecque présentée par Ubi (qui me rappelera son prénom dès qu'il lira ce post) chez les Cosaques, charmante, lacanienne, et marxiste. 

samedi 9 avril 2011

Opération sauvegarde du sourire, 30: Major Boucharov, Pat Caza et un anonyme

.Le major Boucharov, graine de subversif et blogueur indolent

Michel Audiard, Le terminus des prétentieux, Plon, 1968.
Boris Vian, Et on tuera tous les affreux.
J-P Manchette, La Princesse du sang.
René Fallet, Comment fais-tu l'amour, Cerise?
Peut-être mon préféré: L-F Céline, Féérie pour une autre fois.

Un film parmi tant d'autres : Truffaut, L'homme qui aimait les femmes.

Du temps où l'on savait s'amuser à Belleville :


·  Catéchisme du Carnaval ou l'art de se dire de gros mots sans se fâcher ni fâcher personne ; répertoire de gaité à l'usage des amis de la joie ; par le secrétaire perpétuel de l'Académie des Badouillards, Flambards, Chicards, Braillards et autres Sociétés buvantes, B. Renaud, éditeur, Paris 1844


.Patrick Caza, poète québecquois post-punk que nous a fait découvrir Marignac sur son blog défunt

Le vaisseau d'or - Émile Nelligan*

Te voila Verbe - Hector de Saint-Denys Garneau*

Je - Denis Vanier

Les Rockeurs Sanctifiés - Lucien Francoeur

Demain les dieux naîtront - Paul Chamberland



 .Un anonyme qui tient à le rester

– Des êtres se rencontrent et une douce musique s’élève dans leurs cœurs, de Jens August Schade.

– Les Barricades mystérieuses, d’Olivier Larronde (titre d’une pièce de clavecin de François Couperin).

– La Révolution la nuit, revue surréaliste (titre d’un tableau de Max Ernst).

– Le Vagabond ensorcelé, de Nicolas Leskov.

– La vie est un songe, de Calderón de la Barca.





Merci aux Cosaques!

Pour se faire une idée de notre passage chez les Cosaques, dont la charge était menée par Olivier Maulin et Romaric Sangars, on pourra lire le commentaire de Serge au billet précédent et la brève signée par  l'ami Daoud Boughezala sur Causeur. 
Cela m'a fait également très plaisir de voir dans la foule en délire les visages amicaux de Serge Quadruppani mais aussi de François Marchand, Moons,Thierry Marignac,  Ubifaciunt, Weaver, Patrick Mandon...Sans compter que l'apparition de Jean-Cristophe Comor avec un magnum de son Au hasard et souvent ainsi que quelques bouteilles d'Antidote au moment du repas qui s'ensuivit ajouta à tout cela une touche miraculeuse.
 Après la rencontre, j'ai dû répondre à de nombreuses sollicitations de lecteurs passionnés.

lundi 4 avril 2011

Cosaques

Après François Taillandier et Pierre Jourde, nous sommes très heureux d'être invité à notre tour par le cercle Cosaque.

dimanche 3 avril 2011

Tout va bien

Tout va bien est un film de Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin sorti en 1972. Il date de l'époque du groupe Dziga Vertov, collectif cinématographique d'obédience maoïste qui tournait des films militants que pas grand monde n'a vu, même dans ces années-là, puisqu'il s'agissait d'éviter tous les circuits de la distribution bourgeoise.
Ce n'est pas le cas de Tout va bien, produit par Rassam, qui visait"le grand public" tout en gardant un esprit ouvertement politique.
Soyons honnête, on a eu un peu peur, en découvrant Tout va bien, de se retrouver face à un film daté, didactique, démonstratif, caricaturalement engagé. 
C'est oublier ce qu'il faut bien se résoudre à appeler le génie de Godard. 
Montage, photographie, couleur: comme dans La Chinoise en 67, Godard est capable de littéralement nous hypnotiser par un long discours théorique sur la plus-value, l'aliénation ou la lutte des classes. Sans doute aussi parce que, quelqu'ait été son sérieux idéologique, il reste chez lui une forme de clownerie surréaliste, de distance comique et d'humour noir qui fait très bien passer tout ça.
Tout va bien raconte comment un couple formé par un cinéaste progressiste reconverti dans la publicité en attendant de pouvoir tourner des films vraiment révolutionnaires (Montand) et une journaliste gauchiste américaine (Jane Fonda) sont séquestrés dans une usine en grève.
Il serait idiot de dire que Tout va bien est "d'une singulière actualité". 
D'abord il se présente ouvertement comme un bilan de 68 quatre ans après sur le mode "le combat continue et on va bientôt gagner".  Ensuite, le PCF et la CGT, dans la plus pure tradition M-L, sont dénoncés comme des forces symétriques et objectivement complices du patronat. Et on sait aujourd'hui que 72-73 marquent davantage le crépuscule du gauchisme que sa victoire tandis que le PCF et la CGT n'ont plus le poids de jadis, c'est le moins qu'on puisse dire et ce, que l'on soit d'accord ou non avec ce qui en est dit dans le film.
Et pourtant, Tout va bien reste éminemment moderne, si l'on entend moderne au sens de Baudelaire et de Rimbaud ("Il faut être absolument moderne"), c'est à dire  comme une capacité à discerner ce qu'il y a de permanent, d'identique à travers différents moments historiques.
En l'occurrence, dans Tout va bien,  est parfaitement appréhendée la sauvagerie absolue du capitalisme avec lequel il ne peut y avoir de réconciliation possible. Le capitalisme a beau en être, en 2011, à sa troisième ou quatrième métamorphose, s'appeler désormais néo-libéralisme, Godard avait déjà saisi, il y a quarante ans,   ce qui faisait l'essence de sa puissance dissolvante: encouragement à la consommation de masse standardisée, modification et altération des rapports amoureux, surveillance généralisée, uniformisation du monde.
Tout va bien était une antiphrase pour parler de la France de 1972.
On voit donc quarante ans plus tard que tout a changé pour que rien ne change et que dans la France de 2011 également, Tout va bien.

vendredi 1 avril 2011

Tu ne perds rien, vieux frère...

Encore un qui aurait assez mal vécu la débilité du disneyland préfasciste de la France sarkozyste. On dédicace spécialement  deux chansons de ce génie aux crasseux psychotiques, acronymiques et incultes de la réacosphère, entre leurs multiples passages en hôpital de jour.

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Et puis vous pouvez brailler,les racistes honteux, nous on s'en va faire du char à voile avec une caisse de six bouteilles de ça (Le Menu-Pineau, c'est pourtant du blanc mais vous n'y comprenez rien et n'y comprendrez jamais rien, crapuleux et incultes bélitres)


Opération sauvegarde du sourire, 29: Ludovic Maubreuil et Du morgon dans les veines

Il n'y a pas que les livres, les filles et les paysages dans la vie. Il y a aussi le cinéma et le vin. Comme il y a beaucoup de mauvais films, de mauvais cinéastes et de mauvais spectateurs, il y a aussi beaucoup de mauvais vins, de mauvais vignerons et de mauvais buveurs.
Il est donc intéressant, voire salubre, d'avoir en la matière quelques personnes de confiance. Ludovic Maubreuil tient le blog Cinématique. N'y cherchez pas forcément des "critiques de films" mais plutôt un prisme, un regard qui fait du cinéma un moyen de lire le monde, sa propre vie et celle des autres. Ludovic Maubreuil écrit ensuite admirablement bien, ce qui ne gâche rien. Outre son blog, on lira avec profit son Bréviaire de cinéphilie dissidente. On y comprend par exemple, simplement à partir d'un plan commun et inaugural sur le Christ pourquoi le Jeunet d'Un long dimanche de fiançailles est un bon faiseur et le Fellini de la Dolce Vita un génie.

La liste "Sauvegarde du sourire" de Ludovic Maubreuil

Le jardin d'Hyacinthe - Henri Bosco
L'arbre aux sabots - Ermanno Olmi
Scènes d'un monde flottant - Kenneth White
La colline a des yeux - Wes craven
L'homme des vallées perdues - George Stevens 



Mon ami Sébastien Lapaque se refusant pour des raisons de santé mentale à tenir un blogue, estimant que l'on croise trop souvent sur la Toile les plus abjects abrutis, ce en quoi il a en partie raison mais seulement en partie, nous sommes bien obligés d'offrir malgré tout en temps réel à nos aimables lecteurs des indications sur ce qu'il convient de boire en excès afin de rester ivrogne, communiste et en bonne santé. Nous avons donc le plaisir depuis quelques temps de compter dans notre bloguerolle l'excellent Du morgon dans les Veines qui a, en plus de ses avisés conseils, a la gentillesse de citer nos livres à Lapaque et à moi quand l'occasion se présente.
Voici la  liste proposée par Du morgon dans les veines:

Je ne sais pas si les titres choisis ici vont contribuer à sauvegarder les sourires, les ouvrages n'étant pas follement gais.

Monsieur Jadis (Blondin)
Et il y eut un matin (Sayed Kashua)
Résurrection (Tolstoï)
Les bébés de la consignes automatiques (Ryu Murakami)
Où j'ai laissé mon âme (Jérôme Ferrari)

Les livres, les films, les chansons... 

Mais il y a aussi les jolies quilles où parfois les vignerons se révèlent bien inspirés dans le choix du nom de leur cuvée. 
Celle qui me laisse particulièrement rêveur, c'est la "QV d'Etoiles En Pesus" (de Ludwig Bindernagel) pour la qualité du vin certes, mais surtout pour ce nom qui sonne parfaitement.


 

Opération sauvegarde du sourire, 28: Patrick Mandon

Qui a un peu fréquenté Patrick Mandon sait qu'une certaine idée de la civilisation n'est pas encore tout à fait morte. Voici, comme quelques autres ici, quelqu'un qui comprend parfaitement notre devise: "Je ne sais pas si c'était mieux avant, mais je sais que c'est pire maintenant." Son goût pour les vieux livres, les tableaux, les antiquités n'empêche pas une acuité aimablement désespérée quand il parle de l'actualité. Il y a du Swann chez ce gaulliste oldscoule, mais un Swann qui lirait le journal comme pour se convaincre que tout est foutu, hors la compagnie de quelques âmes choisies qui permet de deviser jusqu'au bout de la nuit. Guy Debord, dans sa Correspondance, citant je crois Baltasar Gracian, écrit: "L'heure à laquelle on se couche traduit l'agrément des conversations". Et l'on se couche très tard quand on a la chance de dîner avec Patrick Mandon, dans son cabinet de curiosités. Je crois également, et c'est désormais ce qui renforce notre amitié, qu'il a bien compris qu'une certaine forme de barbarie libérale actuellement à l'oeuvre était infiniment plus dangereuse pour tout ce qu'il aimait que mon aimable communisme poétique, sexy et balnéaire.
Sinon, il est vivement recommandé de se promener sur le blog de ce piéton de Paris qui ressemble à un salon où se croisent de jolies femmes intelligentes et cosmopolites qui parlent de voyage et de littérature. 
Voici la liste de Patrick Mandon. Je ne suis pas certain qu'il ait respecté tout à fait la règle du jeu, puisque tous les titres qu'il indique ont certes une forte charge poétique mais renvoient également à de grandes choses.

Cher Corsaire, pour répondre à l'opération Sauvegarde du sourire, ceci :
L’homme à cheval, Pierre Drieu la Rochelle
De sang froid, Truman Capote, et son adaptation au cinéma, par Richard Brooks
Alcools, Guillaume Apollinaire
Mémoires du prince de Ligne
Journal de l’abbé Mugnier
Alors, bien sûr, on choisit, on élimine, on regrette. On dresse une liste, qui en vaut une autre, mais qui ne les vaut pas toutes.
À bientôt, Corsaire.