mardi 31 mai 2011

Nous sommes devenus des Américains comme les autres...

A propos des affaires Strauss-Kahn, Tron et en mémoire du grand Krafft-Ebing. 
 
-Arrête ça tout de suite!
-Tu n'aimes pas ça?
-Ce n'est pas le problème, c'est que tu vas griller toutes tes chances de futur président communiste si les journalistes l'apprennent...
 

dimanche 29 mai 2011

Le fétichisme est un humanisme

Soutien total et indéfectible au ministre démissionnaire podophile Tron!

vendredi 27 mai 2011

Qu'il n'y a pas de poètes mineurs.

Sur le blog ami La crevaison, Joël rappelle l'anniversaire de la mort de  Francis Carco, un 26 mai 58. Aussitôt nous est revenu à la mémoire ce poème qui fait partie de ceux que nous connaissons par coeur, l'expression prenant ici tout son sens. Ceux qui sont bien utiles à se réciter dans les endroits que personne ne devrait jamais connaître: supermarchés un samedi,  cellules de garde à vue, chambres d'hôpital...
Il pleut — c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.

Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu’on ne s’entend plus !

C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.

Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.


Francis CARCO

Je n'irai pas voir La Conquête mais j'ai revu Il Divo

C'est peut être un bon film mais j'attendrai quand même que Sarkozy soit battu ou ne puisse pas se représenter en 2017 (puisque rien ne semble devoir dégoûter les Français par les temps qui courent) pour  voir La conquête quand il passera sur le câble. 
En effet,  j' ai moyennement envie d'être poursuivi par l'image de l'actuel président jusque dans une salle obscure qui est un des rares endroits avec les églises où l'on peut espérer ne pas entendre sonner un téléphone portable. Le Téléphone Portable (ou portatif comme dit le grand Baudoin de Bodinat dans La vie sur terre), la Rolex et le Stylo: un style élyséen qui aura conjugué de manière assez étonnante la vulgarité au néo-pétainisme. On dit étonnant parce que le pétainisme a au moins eu des écrivains qui écrivaient bien. Morand et Chardonne, c'est tout de même mieux que Christine Angot et Tahar Ben Jelloun (pardon Roland...) qui veut nous faire croire que Sarkozy aime les films suédois muets.
Si je parle de ça, c'est parce que j'ai revu la nuit dernière Il Divo, le film extraordinaire de Paolo Sorrentino sur Andreotti. Andreotti  fut sept fois président du conseil italien et un des principaux artisans de la stratégie de la tension, n'hésitant pas à laisser les Brigades Rouges exécuter Aldo Moro, son principal rival au sein de son parti. Sans compter ses probables liens avec la mafia, la loge P2, le réseau Gladio bref un véritable ami de la liberté.
Pourquoi suis-je pratiquement persuadé que La Conquête n'arrivera pas à la cheville d'Il Divo, et ne saura aucunement raconter la violence, la corruption, la sauvagerie même, de la libido dominandi du politique tout en nous plongeant dans un bain d'humour noir qui confine au fantastique, voire à un certain "fellinisme". 
Bref, ne saura être du cinéma italien, c'est à dire du cinéma.

mercredi 25 mai 2011

Jacques Vaché (1895-1919)

Au cas où vous ne connaitriez pas encore Jacques Vaché et son Umour, on vous conseillera le petit livre précis comme un tir de sniper de Bertrand Lacarelle, aux éditions Grasset. On pourra aussi évidemment se reporter aux Lettres de guerre que reproduit Breton dans son Anthologie de l'humour noir ou aux nombreuses éditions disponibles de ces textes. J'ai de plus en plus l'impression que Jacques Vaché est largement aussi décisif que son contemporain Lénine pour penser une révolution, voire la mener à bien. 
Dans un autre genre, et avec une autre manière, mais décisif tout de même. 
Je sens bien que ce n'est pas avec ce genre de remarque que je pourrai prétendre à la succession de Maurice Thorez. Ah, ce n'est plus Maurice Thorez? C'est bien dommage. Alors raison de plus pour lire et méditer Jacques Vaché.

"Je promène de ruines en villages mon monocle de Crystal et une théorie de peintures inquiétantes" (1916)

En salut révolutionnaire à la jeunesse espagnole...

...qui après les jeunesses grecque, tunisienne, italienne nous montre le chemin pour instaurer enfin un communisme sexy, poétique et balnéaire tout autour de la Mare Nostrum, nous dédions amicalement ce chef d'oeuvre de la chanson de plage.
Puissiez vous brûler vos banques et chasser vos patrons ainsi que leurs valets indélicats du PSOE et du PP.
Puissiez vous, loin des abjectes précarités qui vous sont imposées, sentir sur les plages vos corps vibrer au le soleil éclatant du temps libéré.

lundi 23 mai 2011

Benjamin Constant a-t-il rencontré DSK à Rickers Island?

Il peut arriver parfois qu'un monstre tue un autre monstre. Cela ne fait pas du monstre qui a gagné un héros admirable pour autant. Admettons que Dracula parvienne à trucider Jack L'Eventreur ou que Le chien des Baskerville mette hors d'état de nuire le requin des Dents de la mer, on ne va tout de même pas se mettre à applaudir un vampire sanguinaire ou un clébard géant, sous prétexte que. 
C'est pourtant ce qui est en train de se passer avec DSK. 
DSK était un affameur du peuple, un bourreau pour les Grecs, les Irlandais et bientôt les Portugais et les Espagnols. Et malgré tout, je ne vais pas, comme n'importe quelle féministe plus moraliste qu'une dame chaisière avec cierge intégré, célébrer la chose immonde qui a vaincu Strauss-Khan. 
Ce qui a vaincu Strauss-Kahn, ça ne vaut pas mieux que Strauss-Kahn. 
Ce qui a vaincu Strauss-Kahn, c'est le puritanisme anglo-saxon d'une nation mal baisée depuis sa fondation, d'une nation que les meilleurs de ses fils (cf la Lost Generation) s'empressent de fuir dès qu'ils le peuvent. C'est la nation de Babitt (Sinclair Lewis), personnage archétypal de l'affairiste esclave consentant d'un monde ultratechnologique entièrement fondé sur le profit. 
C'est une nation où le système judiciaire se donne l'illusion de l'égalitén en mettant avant le procès,  le dealer et le directeur du FMI sur le même plan dans l'humiliation des menottes aux poignets. Après, l'égalité du citoyen devant la loi devient une vaste fumisterie. C'est celui qui aura les meilleurs avocats qui gagne à la fin. Demandez à OJ Simpson.
Les cons d'américanophiles atlantistes de par chez nous, débiles réacosphériques décidément moisis du bulbe libéral trouvent ça très bien, ces têtes de morts, sans se rendre compte qu'ils sont aussi bêtes et salauds que les maoïstes de La cause du Peuple au moment de l'affaire du notaire de Bruay en Artois, en 72, qui était coupable, forcément coupable, parce qu'il était bourgeois.
Là, ils n'osent pas trop, nos graines de nazis, mais on sent bien que derrière leur sionisme de circonstance, ils restent de bons petit fachos d'avant guerre, "plutôt Hitler que le Front populaire" et que DSK représente tout ce qu'ils détestent, le Juif cosmopolite, jouisseur, esthète, brillant, comme Polanski. 
En plus, il aurait pu devenir leur président!
Horreur dans les pavillons rurbains! Syndrome Vallat à propos de Blum sur le malheur du vieux pays gallo-romain dirigé par un Juif.
DSK est impardonnable politiquement, bandes de fafounets, pas moralement! Il est impardonnable bien avant d'avoir bousculé une femme de chambre dans un Sofitel. Il est impardonnable parce qu'il est un valet pourri du capital pourri que pourtant vous vénérez du haut de vos BTS d'action commerciale et de vos petits boulots crapoteux dans l'immobilier ou la vente de biens.
Je n'aime pas DSK, j'aime encore moins cette Amérique judiciarisée jusqu'au trognon qui génocide sa jeunesse dangereuse par la drogue, le crack et les guerres de gangs, qui met 1% de sa population dans l'archipel du Cool Lag pour éviter de payer des assurances sociales, cotent en bourse les sociétés de services pénitentiaires mais va aller dépenser des millions de dollars pour vérifier s'il y a bien une tache de foutre sur la robe d'une stagiaire de la Maison Blanche.
Je veux, pour tout dire, pouvoir lire sans passer pour un pervers pédophile, La haine des Plages de José Pierre que m'a fait découvrir l'ami Le Guern l'été dernier ou lire en exergue du roman que l'on a hâte de commencer, Le voyage du poète à Paris de Serge Safran (Léo Scheer), cette citation de Constant qui vaudrait probablement à son auteur ou une deux nuit à Rickers Island par les temps qui courent. 
Citation, tout se tient décidément, que nous a fait découvrir l'infâme Roland Jaccard dans son excellent blog dont vous trouvez l'adresse sur le côté :
"Si j’avais à me marier, j’épouserai une fille de seize ans. Il y a un profit clair de 3 ou 4 années pendant lesquelles une femme ne peut pas, à cet âge, prendre une existence indépendante. Ensuite, cela revient peut-être au même, mais on a joui de ce gain positif et on a eu la chance d’influer sur le caractère de sa femme et de lui donner la direction qu’on désire.
Dans une fille de seize ans, vous voyez le caractère se former, vous voyez l’ennemi à sa naissance, et vous pouvez d’autant mieux prendre vos mesures. Tout ceci ne s’applique au reste qu’à un homme qui a déjà beaucoup vécu, et qui a tristement appris que dans toutes les relations, la vie est une lutte, plus ou moins déguisée, plus ou moins adoucie. Le plus habile est celui qui sait lutter en éprouvant le moins de peine. Le meilleur est celui qui en cause le moins à son adversaire. "
Benjamin Constant, Journal Intime


Il en dit quoi, le procureur de Manhattan? Il instruit pour crime contre l'humanité?


-Je préfère lire Jaccard et Safran, plutôt que DSK car je suis jeune, grecque et anticapitaliste. Mais parce que je suis jeune, grecque et anticapitaliste, je ne veux pas être défendue par des vieilles pouffes du féminisme ou des cryptonazis de la réacosphère. Et maintenant, laisse-moi lire, s'il te plaît...
-Qu'est-ce que tu lis d'ailleurs?
-Rosa Luxembourg, pour apprendre à pendre les banquiers par les couilles. Et après, je lirai un Matzneff.

Retour de nuit


              Alpha-60 : "Savez-vous ce qui transforme la nuit en lumière?"
              Lemmy Caution : "La poésie." 

Jean-Luc Godard, Alphaville

samedi 21 mai 2011

Bruxelles et Simenon, pour toujours

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchissent les autoroutes du printemps vers le royaume de Belgique si cher à notre coeur, nous partirons direction Bruxelles pour un ouiquènde afin d'assister dimanche à l'assemblée annuelle des Amis de Georges Simenon, comme nous le faisons depuis une bonne douzaine d'années. Notre ami Jean Baptiste Baronian dont on pourra lire le récent Dans les miroirs de Rosalie (De Fallois) est le président de cette aimable confrérie de doux fanatiques. 
Un de ces jours, on publiera sur ce blogue, dès qu'on aura retrouver une certaine clé USB le texte d'une conférence que nous avions donnée devant ce public choisi et dont nous ne pouvons pour l'instant que vous montrer en photographie l'édition bibliophilique.
Parce que Simenon, c'est beaucoup plus que Simenon.



Et en attendant, pour nos frères et soeurs en insomnie, un moment de classe pure, Brussels in the rain de Paquito d'Riveira, parce que Bruxelles aussi, c'est beaucoup plus que Bruxelles. Enjoy your mood.


vendredi 20 mai 2011

Voir Guyancourt et mourir.

DSK, dans sa prison en enfer, a bénéficié d'une surveillance particulière pour l'empêcher de se suicider. Pas les salariés du technocentre  Renault de Guyancourt. Sur Causeur.
Ah oui, à propos, les petits enfants de Louis Renault ont porté plainte contre la nationalisation sanction qui a frappé leur papy en 45 pour faits de collaboration avérés. L'image ci-dessus montre des touristes allemands des années 40 très intéressés par la technologie française et recevant des explications avisées de la part du constructeur.
En vertu de la politique sanitaire désormais bien connue en vigueur sur ce blogue, toute image traumatisante est évidemment contrebalancée par une image visant à rassurer les tout petits sur la persistance de la beauté, de la vie et du sexe malgré les têtes de morts d'hier et d'aujourd'hui.
-Qu'est-ce que tu fais?
-Je fuis loin de la société spectaculaire marchande, là où les oiseaux sont ivres d'être parmi l'écume inconnue et les cieux.
-Fais pas ta pimbêche, attends-moi!

jeudi 19 mai 2011

Il y a aussi la France de Tavernier...

Oui, je sais DSK et la résistible ascension du FN, cet idiot utile du libéralisme sauvage. Oui, je sais, chômage de masse, précarité organisée, ethnicisation du social et socialisation de l'ethnique. Oui, je sais, police partout, justice nulle part.
On se croirait dans la France de Marcellin et Pompidou, circa 1973, quand le gouvernement approuvait le coup d'état au Chili. Je vous dis ça, j'avais huit ans mais mon père et Fajardie ont un peu eu le temps de me raconter, avant de mourir.
Comme dans un film de Boisset. Ou de Tavernier.
C'est pour ça que l'on est assez content, lors de la deuxième édition de Sang et Noir à Perpignan d'avoir modéré un débat précédent la projection de Dans la brume électrique avec Bertrand Tavernier en invité vedette.`
Cette manière depuis l'affaire Dreyfus que la France a de secréter miraculeusement ses propres contrepoisons quand l'ombre gagne. Zola contre Drumont, De Gaulle contre Pétain, Henri Martin contre les massacres en Indochine,  La Bollardière contre les tortionnaires en Algérie, j'en passe et des meilleurs.
Les films de Tavernier sont tous des contrepoisons. Et avec lui, la révolte, ça commence aujourd'hui.
 

le juge et l'assassin bande annonce par mocky214

My girl

On aura beau dire, Otis Redding, tout de même...

mercredi 18 mai 2011

Moi aussi, j'ai été violé par DSK

Prosopopée d'un électeur de gauche, sur Causeur.

-Excusez-moi, la gauche antilibérale de rupture et de combat, c'est par où?

William Cliff et Conrad Detrez

Encore deux noms, un poète vivant et un romancier mort qui nous rappellent décidément que la Belgique n'a pas vraiment besoin d'exister politiquement. Elle est une donnée définitive de l'imaginaire, de la rêverie et d'un mode d'être au monde très particulier qui s'appelle l'absence. La Belgique, c'est l'Atlantide à 1H30 de Thalys ou à portée de main d'une bonne bibliothèque.
Pourquoi ce dizain de Cliff plutôt qu'un autre parmi ceux qui composent le Tombeau à l'ami disparu? Sans doute parce qu'il joue pour nous sur des motifs très chers: le bonheur d'être enfin seul, oublié, dans une ville suffisamment grande pour se perdre et écrire dans ce secret le plus extrême qui est aussi la forme la plus accomplie de la sérénité. 

"J'entends en bas les bus qui se démènent 
A grands renforts de fumée et fracas
Pour traverser notre misère urbaine
et je repense à quand vivait Conrad
dans le réseau de ces rues de ces parcs
et qu'il allait sagement tous les jours
s'asseoir à la Bibliothèque pour
mieux s'attacher au travail d'écriture
puis qu'il rentrait à la tombée du jour
avec des pages noires de ratures."

William Cliff, Conrad Detrez (La Table Ronde, La petite vermillon)

samedi 14 mai 2011

Michel Gourdon est mort et Wauquiez vote Marine Le Pen

Michel Gourdon, l'illustrateur mythique du Fleuve noir, est mort il y a près de deux mois. On lui doit nos premiers émois érotiques, et par ricochet, un goût prononcé pour la littérature populaire à l'époque où elle était populaire.
On lui rend hommage sur Causeur

En même temps, pendant ce temps là, les petits mickeys bien coiffés du disneyland pré-fasciste de la sarkozie décomplexée continuent à vouloir monter les pauvres contre les très pauvres. C'est Wauquiez qui s'y colle, dans des comparaisons indécentes entre smicards et allocataires du RSA. Il faudra que tous ces petits marquis payent pour ça aussi. Un papier sur Causeur, encore.



Et, en raison de la politique sanitaire en vigueur dans notre zone chaviste libérée, une image, même petite, de Laurent Wauquiez risquant de provoquer des peurs nocturnes chez les enfants, une image rassurante et sexy vient prévenir le risque de traumatisme. Aujourd'hui, assez logiquement, c'est de nouveau monsieur Michel Gourdon qui va être mis à contribution.

-Le capital et son toutou Wauquiez peuvent toujours hurler,  le temps a beau être à l'orage pour les classes populaires, ils ne me font pas peur...

jeudi 12 mai 2011

Vers le Sud

On sera là-bas, pour le ouiquènde. Lille-Perpignan en TGV. Le portable sera fermé. L'ipod aura ce qui se fait de mieux, comme d'habitude, en doo wop. Apesanteur heureuse du voyage, quand personne ne peut vous atteindre. 
On pense prendre, pour nous tenir compagnie  le dernier Le Carré et pour respirer de temps en temps de la poésie. Pour la poésie, on décidera au dernier moment, comme d'habitude. Pas impossible qu'on prenne, pour le retour un roman de nos chers scoumounards. On a relu l'autre jour La Belle Lurette d'Henri Calet, on ne se souvenait pas que c'était aussi bien. Un Calet, pour le retour? Un Forton? Faut voir. Ou alors, pour se mettre dans le ton, puisqu'on va à Perpignan, un polar d'André Héléna, le scoumounard au carré, le Goodis français...Il doit bien nous en rester un qu'on n'a pas lu en réserve.


Sinon, là bas, on animera deux débats dont un avec Bertrand Tavernier. Je ne pense pas que je lui dirai, sans que je sache au juste pourquoi, que l'acteur qui joue le copain de Noiret dans L'horloger de Saint-Paul(1974) m'a toujours fait penser à mon père. Cette façon de gueuler contre les flics, le pompidolisme et les  Français qui avaient "voté comme des cons" aux Législatives de 73. Ou les lunettes. Ou tout ça en même temps.

Un autre jour au paradis

C'était, ce 11 mai, jour de révolte générale du peuple grec contre la nouvelle agression de la dictature UE-FMI. Il faisait beau sur Athènes.

"Le combat est père de tout, roi de tout. Il a désigné ceux-ci comme dieux, ceux-là comme hommes, ceux-ci comme esclaves, ceux-la comme libres. "
Héraclite, fragment 53

mardi 10 mai 2011

Une si brève éclaircie

A propos du 10 mai 81, sur Causeur.
C'est fou ce que les filles coiffées en queue de cheval me manquent.

dimanche 8 mai 2011

Supplément à un poème de Wang Wei


Vous retrouverez ce poème dans Sauf dans les chansons (Table Ronde, mars 2015)


 © Jérôme Leroy Mai 2011

samedi 7 mai 2011

Et si vous lisiez Frédéric Berthet?

A propos de la réédition de Daimler s'en va et de la parution posthume de ses Correspondances, quelques documents exclusifs pour nos lecteurs et aimables abonnés.
Nous avons rencontré quelquefois Frédéric Berthet. A défaut d'amitié, il y eut, je crois une sympathie réciproque et une reconnaissance mutuelle qui me toucha. Les deux lettres qu'il m'adressa et que vous retrouverez dans Correspondances  prouvent qu'il savait, ce feu follet apparemment fantasque et pourtant si lucide, être attentif à ses jeunes camarades de jeu.  Elles sont reproduites pas 251 et 257 de l'édition des Correspondances.

vendredi 6 mai 2011

De l'utilité de Goldstein dans les démocraties de marché.

Un article sur Causeur à propos de la mort de Ben Laden.
Quelques habituels idiots font mine de ne pas comprendre ou effectivement ne comprennent pas car ils sont l'incarnation cristalline de la connerie la plus pure.
Selon la politique sanitaire en vigueur dans la zone chaviste libérée, les images traumatisantes et obscènes sont contrebalancées par celles qui célèbrent la vie, le sexe et la débauche.
Ouf, j'ai cru un instant que Ben Laden se cachait dans ma culotte!

mercredi 4 mai 2011

Loin


Adieu


Vous êtes descendu de cheval, je vous ai versé de mon vin;
Je vous ai demandé où vous vous en alliez.
Vous m'avez dit votre désillusion,
Que vous alliez vous retirer sur les pentes des Monts du Sud.
Allez, je n'ai plus de questions à vous poser;
Sans fin là-bas s'étirent les nuages blancs...

Wang Wei

On était là hier soir

mardi 3 mai 2011

Bandolero!

Bandolero! est un western tardif de Andrew Mc Laglen.  Un faiseur sans génie? Peut-être, mais la cartouche qu'il tire en 1968 atteint sa cible et représente un beau baroud d'honneur hollywoodien contre la suprématie insolente des Italiens à l'époque.
Cependant  l'extraordinaire musique de Jerry Goldsmith ne suffit  pas, quarante trois ans après, à expliquer le charme durable et poignant de Bandolero!.
Son casting de rêve non plus. Et pourtant, le chic désespéré et humaniste de James Stewart, le dandysme désolé et mélancolique de Dean Martin, le jansénisme troublé de George Kennedy, la sexité  de survivante, à la fois animale et tendre, de Raquel Welch auraient largement suffi à enchanter la soirée du cinéphile. 
Mais non, Bandolero!, c'est beaucoup plus que Bandolero!
Ce récit d'une poursuite impitoyable se termine par un combat épique mais surtout un combat où chacun perdra ce qu'il était venu chercher : un frère, un trésor, une femme, une postérité, un Montana rêvé comme une Terre promise. 
Un massacre pour rien, rigoureusement pour rien. 
Et malgré tout, ce western n'est pas nihiliste. Parce que l'honneur de vivre vaut bien l'horreur de vivre et que l'important, ce n'est pas le résultat, c'est la trajectoire.
Allez faire comprendre ça aujourd'hui. 
D'où l'envie d'en finir, une fois pour toutes, en suivant l'expédition désespérée de ces personnages et de  mourir avec eux dans un effondrement à la fois effroyable, dérisoire et magnifique.

Affinités électives

"C'est que j'ai mes secrets. Cela doit venir de l'enfance. Le monde est trop dur. Ou décevant. Alors je me retire, je me cache, je vais retrouver ces secrets qui me font vivre, me donnent de la force. Ce sont des pensées, des chansons. Des rêveries. Des souvenirs. Pour vous, je suis ceci, cela, j'ai l'air de tel genre de type,  je ne sais pas quoi. Je ne sais pas, je ne sais jamais "à quoi je ressemble". Dans les rapports sociaux, je ne me "vois" pas. Mais il y a un dialogue entre moi et mon ombre. L'ombre que je n'ai laissée nulle part. Cela ne regarde qu'elle et moi, depuis qu'il a bien fallu vivre (d'après ce qu'on me dit, cela empire, en vieillissant)."

François Taillandier, Le père Dutourd (Stock)

lundi 2 mai 2011

Le doo-wop est la jeunesse du monde.

On était justement dans une chaise longue, au soleil, à prolonger la fête du travail en lisant Breton dans la collection Poètes d'aujourd'hui, trouvé pour quelques euros hier, tout en écoutant du doo wop et des girls groups. 
Alors on interrompt cinq minutes notre farniente pour vous faire écouter ça, qui a tout de même un charme fou. On ne lit jamais assez Breton, on n'écoute jamais assez de doo wop et on ne passe jamais assez de temps, sur une chaise longue, au soleil.



Ben Laden est mort

C'est tant mieux car maintenant l'humanité va pouvoir enfin vivre dans le bonheur, l'égalité et l'émancipation.