jeudi 31 mars 2011

Luc, 12, 54-56

"
    "Jésus disait aussi à la foule: 
     -Quand vous voyez un nuage se lever à l'ouest, vous dites aussitôt: il va pleuvoir. Et c'est ce qui arrive. Et quand vous sentez souffler le vent du sud, vous dites: il va faire chaud. Et c'est ce qui arrive. Hypocrites, vous êtes capables de comprendre ce que signifient les aspects de la terre et du ciel; alors pourquoi ne  comprenez-vous pas le sens du temps présent?"

Opération sauvegarde du sourire, 27: lecteurs, blogueurs, rêveurs

          Askellig (Breton rouge vif)
Bonjour Jérôme.
J'ai bien envie aussi d'apporter ma modeste contribution à l'opération "sauvegarde du sourire". Et, plus tard, quand je serai vieux et blanc, pouvoir dire à mes petits enfants:
j'en étais.

Et au milieu coule une rivière
Les cigares du pharaon
Un pays à l'aube




Julius Marx( quadruppaniste)

Rien - de Pirandello dans "Nouvelles pour une année"
La position du tireur couché-Manchette
La moisson rouge - Hammett
Le voyage au bout de la nuit-Celine
Les vitamines du bonheur -Carver
Pour moi, ces titres tiennent tous leur promesse.  





Bastien Bonnefous (a longtemps tenu un excellent blog polar)


Rue des boutiques obscures (Modiano)
Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués (JF Vilar)
C'est toujours les autres qui meurent (Vilar)
Lettre à mon juge (Simenon)
Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour? (Perec)
Sous le regard des élégantes (Fajardie)
Cherokee (Echenoz)
Le petit bleu de la côte Ouest (Manchette)
Souvenirs de la maison des morts (Fedor)
Le sapin pousse dans les caves (Malet)
Le grand nulle part (Ellroy)
Le signe des quatre (Conan Doyle)
La comtesse de Cagliostro (Leblanc)
Le tour du malheur (Kessel)
Les cimetières sous la lune (Bernanos)
Une saison en enfer (Arthur)
ad lib...`



 Monsieur Paic Machine (voire bloguerolle)
Je n'ai jamais lu Bernard Lamarche-Vadel mais les titres de ses ouvrages me fascinent

L'Efficacité des rouges
De la douce hystérie des bilans
L'art, le suicide, la princesse et son agonie
Tout casse

Pour répondre à la question,

Souvenirs d'un pas grand chose (Bukowski)
Demande à la poussière (Fante)
Les enfants tristes (Nimier)
Il pleut des coups durs (Himes) 
 
 
 
JMT a dit…(dont il faut régulièremen consulter le blog Nuageneuf)
Le week-end, je me dirige immuablement vers les plages de la côte d’Opale, sans ordinateur, retrouver "Les merveilleux nuages" des ciels du Nord. Aussi, avec retard, et s’il se faut limiter à cinq lors qu’il y en a cinquante…, on pensera à :

2700 alexandrins de Cyrano de Bergerac
Les belles endormies (Kawabata)
Si c’est un homme
The Catcher in the Rye (L’Attrape-cœurs)
2001 L’Odyssée de l’espace 



 Emmanuel Rousselet, Rouge et Vert, un des abonnés historiques de ce blogue (cf Bloguerolle)

Très cher Jerome,
Voici donc 5 titres pour moi essentiels, dans le cadre de ma participation à l'enquète:
Les Dialogues de Platon (en particulier Parmenide, Republique et Sophiste; la Republique s'il ne faut en garder qu'un)
Les Cantos d'Ez Pound (exceptés certains, de triste memoire!)
Bref rapport sur une très fugitive beautée (sur la balance avec "Big sister", j'avoue)
Le Second Manifeste pour la Philosophie d'Alain Badiou
Le "Gai savoir" des batisseurs de Daniel Berezniak

complementaires (cinematographiques)

Zardoz
Le Monde sur le fil
Soleil vert

Agréez, cher Jerome, les sentiments cordiaux d'un lecteur-ami fidèle (qui vient de fermer l'un de vos dernier stitres non encore lu ce jour: L'Orange de Malte)


Emmanuel R






 

Opération sauvegarde du sourire, 26: Cathy Fourez

Cathy Fourez est une de nos mexicanologues les plus distinguées. On peut commencer à la lire du côté du Monde Diplomatique. Elle est aussi une spécialiste universitaire reconnue du féminicide de Ciudad Juarez, véritable crime de masse dont le capitalisme sauvage et ses délocalistions est  le principal responsable: des milliers de femmes encore et toujours assassinées depuis des années C'est aussi une amie avec laquelle j'ai eu le plaisir d'assister à la Semana Negra de Gijon en  juillet 2006, l'immense raout de la littérature de genre hispanophone organisé par Paco Ignacio Taibo II.
Bref, Cathy Fourez assure. 
Sa liste, donc, et ensuite une vue de la magnifique sculpture d'Eduardo Chillida, Eloge de l'Horizon, que nous sommes allés voir un jour de soleil et de grand vent. Je me souviens que j'étais ivre mais à Gijon, cette année là, j'ai été ivre jour et nuit, malgré les admonestations de Cathy.

 "Le peuple d'en bas » de Jack London
« Ivresse de la métamorphose » de Stefan Zweig
« L’écume des jours » de Boris Vian
« El apando » de José Revueltas
« 2666 » de Roberto Bolaño
et puis "Big sister" de Jérôme Leroy (je n’aime pas les chiffres impairs mais j’aime les romans qui s’achèvent par un ciel bleu).

Opération sauvegarde du sourire, 25: Serge Quadruppani

Auréolé par le dernier prix de Quais du Polar 2011, Serge Quadruppani est aussi rappelons-le, l'auteur du meilleur livre sur l'hypersécuritarisme et la construction d'un ennemi intérieur imaginaire dans le dysneyland préfasciste qu'est devenue la France sarkozyste à l'image des démocraties de marché modernes: La politique de la peur (Seuil)
Voici sa liste:
Im Westen nichts Neues, Erich Maria Remarque
Great Expectations, Charles Dickens
L¹ottava vibrazione, Carlo Lucarelli
Journal du Voleur, Jean Genêt
Le degré zéro de l¹écriture, Roland Barthes
Nostra Signora dei Turchi, Carmelo Bene
La classe operaia va in paradiso, Elio Petri
La poursuite impitoyable (titre plus beau en v.f.que The Chase) d¹Arthur
Penn
 

Opération sauvegarde du sourire, 24: Lucien Suel.

Le blogue de Lucien est disponible dans notre bloguerolle. Si le roman Mort d'un jardinier a donné à Lucien Suel une audience enfin méritée, il ne faut pas oublier qu'il est depuis trois ou quatre décennies un étonnant poète, à la fois virtuose formel et manière de Ginsberg français. Ses performances poétiques, lectures publiques parfois en patois, sont de grands moments. Il faut lire Lucien Suel. Ah oui, il vient aussi, toujours à la Table Ronde, les poésies complètes de Kerouac. Merci Lucien!

Cher Jérôme
Spontanémént :
La fuite hors du temps (Hugo Ball)
Vieil ange de minuit (Jack Kerouac)
Pommes bleues électriques (Claude Pélieu)
Les braves gens ne courent pas les rues (Flannery 'O Connor)
Les moissons du ciel (film de Terrence Malick)
Amitiés
Lucien

 

Lucien Suel par cheswepes

Opération sauvegarde du sourire, 23: François Marchand.

François Marchand est un écrivain drôle, insolent, infréquentable. En plus, il écrit de bons papiers pour Causeur où il renforce l'aile gauche. Il est absolument indispensable de lire Plan Social (Cherche-Midi), roman sarcastique, fin et rigolo sur l'horreur économique.

On ne pourra pas me reprocher de confondre titre et contenu :

1. Notre prison est un royaume (Cesbron)
2. Corps et âmes (Van der Meersch)
3. Le jour ne se lève pas pour nous (Merle)
4. Ma Mercedes est plus grosse que la tienne (Nwankwo)
5. Recherche d'une Eglise (Romains)

Beaucoup de titres envoûtants dans les hommes de bonne volonté ("Cette grande lueur à l'Est" pourrait faire un joli nom de blog pour toi, Jérôme, encore que la lueur se soit déplacée légèrement). 



mercredi 30 mars 2011

Opération sauvegarde du sourire, 22: François Taillandier nous écrit

On ne présente plus François Taillandier, l'écrivain indispensable pour qui veut comprendre comment on est passé de que ce nous appelons ici "le monde d'avant" au règne définitif(?) et totalitaire de la marchandise. Pur ceux qui ne l'auraient pas fait, on se reportera aux cinq volumes du cycle la Grande Intrigue (Stock).
Et nous le remercions de s'être prêté au jeu:


Moi quand on me dit cinq titres, je mets cinq titres, c'est pas comme certains.
La Nuit et le moment (Crébillon)
La Leçon d'amour dans un parc (Boylesve)
Bananes de Königsberg (Vialatte)
Jadis et naguère (Verlaine)
La Vérité (Clouzot)
Arnaud Le Guern sera d'accord je pense pour rappeler que le titre Ivre du vin perdu, du grand Matzneff, est tiré d'un beau poème de Catherine Pozzi.
Salut à Jérôme, stendhalien des derniers jours (je n'ai pas dit stalinien, j'ai dit stendhalien).
François Taillandier

mardi 29 mars 2011

Ca t'apprendra à vivre.

Quand Christine Ockrent, découvre bien tardivement, qu'elle aussi peut être traitée comme une caissière à temps partiel imposé, harcelée par un petit chef.
Mais qu'on se rassure, il lui reste tout de même beaucoup, mais alors beaucoup plus de zéros sur sa fiche de paie, au bout du compte. C'est sur Causeur.

Traduction: maintenant, après cinq ans de rééducation, Christine Ockrent va mener le même combat que la caissière de chez Fauchon. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer

Opération sauvegarde du sourire, 20: quelques commentateurs discrets ou inconnus

Benoît Mahaul:
Un Balcon en forêt - Julien Gracq
Le Caporal épinglé - Jacques Perret
Testament à l'anglaise - Jonathan Coe
La Panoplie littéraire - Bernard Frank
Grandes courses - Pierre Chapoutot
The Deer hunter - Michael Cimino

Isabelle S
Le jardin colérique, Le testament de la perdition, Armel Guerne
The Turin Horse, Béla Tarr
Anna, soror, Marguerite Yourcenar
Zabriskie point, Antonioni
Jean-Luc Girard: 
Un détour par la vie H.Thomas
Les chemins du long voyage A.Dhôtel
Aux portes du labyrinte C.Vignée
La promenade R.Walser
Une insolente liberté F.Marceau 
Jubil
http://lm-ds.blogspot.com/

-       Denise mène les bœufs, Marcel Grancher- (1953- Editions Rabelais)
-       La chandelle verte, Alfred Jarry-(1969-Livre de Poche)
-       Les guignols du crépuscule, Rita Kraus-(1970-La Table Ronde)
-       Les idées centésimales de Miss Elanize, Denis Roche-(1964-Le Seuil)
-       « Beau » et « Laid » en latin, Pierre Monteil-(1964-Klincksieck)
-       Hic et Hec, Comte de Mirabeau –(1978-Coll Aphrodite)
-       Va jouer avec cette poussière, Henri de Montherlant-(1966-Gallimard)
-       Pour deux sous de vinaigre, Anthony Gilbert-(-1978-Le Masque n°1135)
-       La fourrure de la truite, Paul Nizon-(2006-Actes Sud)
-       Pour enchanter la mort, Aldo Capasso-(1965- Seghers)
-       Film : Le Goût de la cerise, Abbas Kiarostami, (1996)
-       Film : Beau temps mais orageux en fin de journée, Gérard Frot-Coutaz-(1985)
Pierre François:
Quoi qu'il en soit "L'oeuvre de Dieu la part du diable" était un excellent titre français, pour un excellent livre de John Irwing. Ce titre m'accompagne depuis des années.
"Spleen et idéal" n'est pas mal trouvé non plus, pour des petits poèmes en prose peut-être encore meilleurs que "Les fleurs du mal".
"Le camp des saints" est un autre bon titre, peut-être encore plus marquant que le livre qu'il désigne. Et qui n'a jamais repensé à ce titre, à l'heure de se disputer ou, pire, de ne pas se disputer, avec des culs propres?

Opération sauvegarde du sourire, 19: Thomas Vinau

 Vinau Thoams est un excellent poète, qui a eu la gentillesse de nous envoyer sa production. On en reparlera. En attendant, voici sa liste

- Toute une vie bien ratée, Pierre Autin-Grenier
- Les mangeurs d'étoiles, Romain Gary
- Dans la solitude des champs de coton, Koltés
- Mémoires sauvées du vent, Richard Brautigan
- Vies minuscules, Pierre Michon
-  La couleur tombée du ciel, Lovecraft
- Les perdants magnifiques, Léonard Cohen

etc-iste.blogspot.com


Opération sauvegarde du sourire, 18: Saul

Saul est un des rares commentateurs de Causeur qui soient de gauche. C'est comme cela que parfois, le long de certains fils de commentaire qui avaient tendance dans l'ancienne formule à ressembler à ses séances de lynchage du communiste maintenu que je suis, il apportait son renfort, desserrant l'étau avec l'ardeur au combat d'un soldat soviétique tenant le choc contre l'opération Barbarossa. Voici sa liste:
-"Le diable en rit encore" : c'est de Desforges, j'ai jamais lu je le jure ! mais je trouve que le titre est pas mal
- "Le desert des Tartares" : même avant d'avoir lu le livre, rien que ce titre...
- "La mort, entre autres" : c'est de Philipp Kerr, pour ceux qui connaissent pas, à lire absolument toute cette série de polars sur fond d'Allemagne nazie (y'en a 5 en tout), c'est tout simplement excellent
- "la Maison dorée de Samarkande" : une BD d'Hugo Pratt (Corto Maltese) (en parlant de Pratt, je rajouterais "un fortin en Dancalie (Vanghe Dancale)" mais ce titre me parait proche du desert des Tartares)
- "La minute prescrite pour l'assaut" : c'est pas du tout pour jouer les mange boules, j'ai jamais lu votre bouquin, et apparemment ce titre serait un vers d'Appolinaire. mais je trouve qu'il sonne et inspire pas mal (je m'étais livré à un petit exercice là dessus, mais ayant appris que c'est d'Apollinaire, ça doit recouper son idée)

Communiqué de Feu sur le Quartier Général

L'opération sauvegarde du sourire continue. Nous demandons à nos aimables commentateurs et abonnés qui ont eu la gentillesse de répondre de bien vouloir faire preuve d'un peu de patience. Toutes les réponses seront publiées, et si possible dans l'ordre chronologique, le seul ordre supportable avec l'alphabétique.`

Traduction: Je suis fière de travailler au dépouillement des réponses sur l'opération "sauvegarde du sourire" et de participer ainsi à l'élaboration d'un communisme sexy, poétique et balnéaire.

lundi 28 mars 2011

Opération sauvegarde du sourire, 17: Florence

Florence et moi, nous nous rencontrons en moyenne tous les trente, trente cinq ans. Parfois on danse sur les Platters dans un collège de Rouen, parfois on déjeune près de l'Opéra. On a l'intention de continuer, aux mêmes intervalles, car nous sommes immortels. Le temps est de notre côté. 
La liste de Florence est comme elle, discrète, sensible, amicale, poétique, élégante et intelligente.

- "La vie rêvée des anges" (Erick Zonca)
- "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" (H.Murakami)
- "Soudain l'été dernier" (Mankiewicz) - comme George
- "Une si douce apocalypse" (Jérôme Leroy) - plusieurs de tes titres se sont imposés spontanément, et je me suis forcée à n'en citer qu'un
- "Toi, ma nuit" (J.Sternberg)
- "C'était bien" (J. d'Ormesson) - pas lu, mais c'est ce que j'aimerais pouvoir dire, à la fin. 


Opération sauvegarde du sourire, 16: Ubifaciunt

Ubifaciunt est le diminutif d'ubi faciunt solitudinem, pacem appellant, la meilleure définition possible à la politique d'ensauvagement menée par la société spectaculaire-marchande et sa déraison totalitaire. Ce pseudonyme est celui choisi par un garçon très brillant pour qui la lecture de Tacite n'exclut pas un travail d'éducateur de rue. On trouve ses chroniques à ce sujet dans le journal de jeunes conspirateurs érudits, Article XI (cf bloguerolle) où ça casse du capitaliste mais aussi du stalinien. C'est donc avec un certain masochisme que je me suis abonné et que je donne la liste d'Ubi dont le goût pour les chats et la photographie achève de faire un garçon très fréquentable. Il m'envoie en plus une jolie photo de son cru où il résume deux de mes grandes passions dans la vie.

Dans la solitude des champs de coton - BM Koltès
Le Spinoza de la rue du marché - IB Singer
La Maladie de la mort - M Duras
Le Cimetière des bateaux sans nom - A Perez Reverte
Fureur et Mystère / Feuillets d'Hypnos - R Char


dimanche 27 mars 2011

Opération sauvegarde du sourire, 15: lecteurs inconnus (jusqu'ici)

Des lecteurs inconnus, c'est à dire qui ne commentaient jamais ont eu la gentillesse de se manifester à propos de cette enquête.
Merci donc au joli blog Usage du jour:
1. La reine des pommes (Himes)
2. Le seigneur des porcheries (Egolf)
3. Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes (Pirsig)
4. Le gang des clés à molette (Abbey)
5. un film: De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (Newman)
et qui souhaite rajouter:
Tous mes amis sont des super héros (Kaufman)
Signé Batman

Merci également à Sébastien:
- Un épisode dans la vie du peintre voyageur (César Aira)
- Aventures dans le commerce des peaux en Alaska (John Hawkes)
- Vaches en demi-deuil (Arno Schmidt)
- Au coeur du coeur de ce pays (William Gass)
- Mon année dans la baie de personne (Peter Handke)
Cinq, déjà. J'en rajoute un qui devrait vous plaire:
- Vineland (Thomas Pynchon)(Oui mais effectivement que le titre, parce que Pynchon, hein...)

Merci à Pierre:
Les sous-ensembles flous
Blazing saddles
Le soleil n'est pas pour nous
Pépé le moko
Bullit
Heureux les humbles
Johnny got his gun

A Marc:
Une mémoire pour l'oubli de Mahmoud Darwich - comment le temps ne passe pas sur les amours, sur les villes en guerre, sur la mer méditerranée.

La Tourne, de Jacques Réda

Sylvie, Nerval

La prisonnière, de "l'autre Proust", le chirurgical

Illuminations, de Rimbaud (avec pour marque page une ordonnance pour des anxiolytiques, dit le poète)
 Le roi Lear, dans la traduction d'Yves Bonnefoy

A Tunis les palmiers sont menteurs, Joachim Sartorius

Un film :
Un coeur en hiver, de Claude Sautet
 

Nous remercions Marc qui a accompagné son choix d'une photo bien émouvante avec le commentaire suivant:
"Si le politburo publie ma liste, il joindra cette illustration qui ne déparera pas dans la zone chaviste. Il s'agit d'une jeune révolutionnaire de la place de la perle, à Barhein. C'était il y a trois semaines, et nous espérons qu'elle va bien."
Il faudra bien effectivement que les islamophobes néocons nous expliquent leur vieille complaisance coupable pour les massacreurs saoudiens qui tirent dans la foule à Barhein après une invasion militaire. Il me semble que c'était pour des rasons similaires que Saddam en avait pris la tronche en 1991, non?

Dernière heure: Serge Quadruppani a eu un prix!

Les temps changent. 
La tricardisation calomnieuse dont était victime l'ami Serge dans certains cercles polardeux semble prendre fin. Notre ami a eu, et c'est bien mérité, le prix Quai du Polar 2011 à Lyon pour son dernier roman, Saturne, publié aux éditions du Masque.
Bon, et puis, c'est pas pour dire, mais le livre à couverture jaune en bas à droite et qui s'appelle Nausicaa for ever, c'est nous qu'on l'a édité, du temps qu'on avait créé et dirigé l'éphémère collection Novella SF au éditions du Rocher. Et on en est fier.

Opération sauvegarde du sourire, 14: Frédéric Schiffter

Monsieur Frédéric Schiffter est philosophe, surfeur et pessimiste, trois activités prenantes qui ne l'empêchent pas d'écrire les traités les plus délicieux qui soient. Monsieur Frédéric Schiffter n'a pas de chance: il se vantait d'être l'essayiste le moins lu de France et le voilà recevant le prix Décembre 2010 pour sa Philosophie sentimentale (Flammarion). Trahi de toute part, même par le guignon, il pense sérieusement à acquérir une villa en Atlantide ou en Patagonie, afin d'y découvrir les délices du communisme poétique, sexy et balnéaire qui est, rappelons-le, l'idéologie officielle de notre zone chaviste libérée. Comme lui aussi s'est limité à quatre titres, il a le droit à une image.

Voyage autour de ma chambre, de Xavier de Maistre

Un peu de soleil dans l'eau froide, de Françoise Sagan

De l'inconvénient d'être né, de Cioran

L'homme qui aimait les femmes, de François Truffaut
 -Frédéric Schiffter? Bienvenue en Atlantide, monsieur... Je vous fais visiter la maison?

samedi 26 mars 2011

Opération sauvegarde du sourire, 13: Pop 9

Pop 9 fait partie des liens historiques de ce blog. Il faut aller se promener du côté du sien de blog. Sinon, vous ne saurez jamais qui est Louis Réard, ce bienfaiteur de l'humanité. Et comme Pop 9 a respecté la règle, il a le droit à une image.
-The Tokyo-Montana Express (Richard Brautigan, 1979),
- Le Spectre aux balles d'or (Charlier-Giraud, 1972),
- Un Pyjama pour deux (Lover Come Back, Delbert Mann, 1961),
- La Métamorphose des cloportes (Pierre Granier-Deferre, 1965),
- Les Yeux noirs (Очи чёрные, Nikita Mikhalkov, 1987). 
 -Je fais ma maligne avec mes coquillages mais que serais-je sans Pop 9 et Louis Réard?

Opération sauvegarde du sourire, 12: Le marquis de l'Orée

Le marquis de l'Orée a semble-t-il décider de fréquenter notre zone chaviste libérée infréquentable. Voici la liste de ce mauvais sujet:
Mes femmes - Robert Crumb
Premier amour - Samuel Beckett
Lucy, Linus et sa couverture de sécurité
Chaval - Petit Bilan
En compagnie d'Antonin Artaud - Gérard Mordillat
Dans les hauteurs - Thomas Bernhard
Mon papa - Reiser
Faster, Pussycat Kill ! Kill ! de Russ Meyer
Les épaules de Laure Manaudou mais ça ne compte pas, je suppose, hélas. 


Opération sauvegarde du sourire, 11: Arnaud Le Guern

Arnaud Le Guern a des dilections coupables dont il fait part régulièrement sur son blog Braconnages de Paname: les actrices du monde d'avant, la mer en Bretagne, les écrivains  trop oubliés comme Paul Gégauff. Il a écrit un roman, Du soufre au coeur (Rocher), aimable manuel lyrique d'autodestruction. Est-il besoin de préciser, en plus, qu'il est notre ami. Ce n'était pas une raison pour transgresser la règle des 5 titres au maximum, mais bon...
Mon amie Nane
Flirts en hiver
Ivre du vin perdu
Monsieur Jadis ou l'école du soir
La dolce vita
Contes de la folie ordinaire
Hécate et ses chiens
Nadja
Sea of love
Fermina Marquez
La mélancolie des fast food
Daimler s'en va
Monnaie bleue
Feu mon histoire d'amour
Nostalgie de la princesse
Le feu follet
Bonjour tristesse
Et Dieu créa la femme
Angélique, marquise des Anges

Opération sauvegarde du sourire, 9: Joël H

Dans son blog la Crevaison, Joël H montre une extrême sensibilité aux dates, c'est à dire au temps qui passe. La Crevaison, qui partage avec FQG une vraie pratique de l'insomnie, oscille entre l'éphéméride et l'obituaire. Circonstance aggravante,  Joël pense que la révolution et le communisme sont toujours possibles et même vivement souhaitables.  Cela suffira, je pense, à expliquer la proximité que nous entretenons avec lui.


Demande à la poussière
Chanson de la neige silencieuse
La nuit des chats bottés
Étranges loyautés
Reflets dans un œil d'or
Les jours de notre mort
La nuit sera calme. 

et il exprime un remords pour Le loup par les oreilles, autre titre de Fajardie. Il est vrai que Fajardie était particulièrement doué, pas seulement bien entendu, pour les titres.

Opération sauvegarde du sourire, 8: Solange Bied-Charreton

Solange Bied-Charreton fut connue autrefois sous le nom de Hussard 82 ou d'Albertine. Cette jeune fille mérite votre attention. Elle n'a pas été implantée comme la plupart des enfants de la génération postchoc (cf notre théorie préchoc/postchoc). Cela fait d'elle une exception: elle aime Dieu et la littérature, le rock et la tradition. On commence à voir sa signature dans Causeur ou l'Atelier du roman. Et quelque chose nous dit que ce n'est qu'un début.
Voici donc les titres qui chantent dans la tête bien faite de mademoiselle Bied-Charreton:


Un diamant gros comme le Ritz, FS Fitzgerald
Le déclenchement muet des opérations cannibales, J Leroy
Avec vue sur l'Arno, EM Forster
Fusées, Ch Baudelaire
Max et les ferrailleurs, C Sautet
Vaguement compétitif, album Denoël de Sempé paru en 1985
Le Paradis, Hervé Guibert
L'île au trésor, RL Stevenson
Caïn de nulle part, film de Daniel Daert de 1970
Comment je suis devenu stupide, Martin Page
On s'habitue aux fins du monde, du même
Je vous hais petites filles, court-métrage de Yann Gonzalès
Henri ou l'éducation nationale, J Dutourd
et moi aussi Un balcon en forêt de J Gracq

Elle n'a évidemment pas, en mauvaise graine qu'elle est, respecté la règle des cinq titres. Mademoiselle Bied-Charreton est priée de passer chez le CPE pour donner son carnet de correspondance.

Opération sauvegarde du sourire, 7: Moons

Nous connaissons assez peu de choses de Moons sinon qu'elle est amie avec le bibliophile subversif Weaver. Cela vaut pour nous tous les certificats de mauvaise conduite, indispensable pour séjourner dans la zone chaviste libérée et participer à l'opération "Sauvegarde du sourire".
Voici donc la liste de Moons:

Mes nuits sont plus belles que vos jours.
Encyclopédie capricieuse du tout et du rien.
La grande illusion.

Une pause avec Jean-Pierre Enard

Une pause avant de mettre en ligne d'autres réponses à l'opération Sauvegarde du sourire.

Comme nous vous l'avons dit plus bas, Jean-Pierre Enard nous a accompagné à Brest.  Hier, en fin d'après-midi, nous nous sommes retrouvés, lui et moi, dans un square avec vue sur la Rade, où des lycéennes venaient réviser, chignons défaits, mèches sur la joue, gracilité exquise et absence de soutien gorge sous de petits marcels blancs, tout cela les faisant ressembler à Liv Tyler dans Beauté volée.
Dans le bleu tiède qui basculait doucement vers le soir à l'horizon  alors que s'estompait, à main gauche, la silhouette du pont de la Recouvrance, il y eut comme un contrepoint salubre à cette harmonie suspecte, un contraste météorologique, géographique et pessimiste  apporté par les mots de Jean-Pierre Enard dans cet extrait de La reine du Technicolor (Finitudes):

"Un samedi gris, comme des fois à Paris. La pluie tombe sans conviction. On n'a le désir de rien. On ne se sent pas mal. On traîne. Chez soi, on respire mal. Dehors, on n'a pas le courage d'affronter les autres. On pense qu'on n'a plus tellement de temps devant soi. Il faudrait mettre un peu d'ordre dans sa vie. Ou un peu de désordre, ça dépend des cas." 

Enard est mort à 44 ans. On a regardé les lycéennes. On a eu  soudain l'impression de lui avoir survécu indument. On en avait 46. Deux ans de rab. Et on en avait fait quoi?
Et puis il y a eu un rire de jeune fille. 
Une Liv Tyler enfila un pull bleu marine sur son marcel blanc. Quand sa tête brune ressurgit du col, cela lui  fit, un instant, un visage de petite chatte surprise.
Chignons défaits et mer d'Iroise. Resquilles diverses avec l'existence. Début de printemps et fin de journée:
lunettes noires indispensables, c'est moi qui vous le dis.

Opération sauvegarde du sourire, 6: Totirakapon

La maison Totirakapon (spécialités vénitiennes à base de chats) nous apporte aussi sa contribution:


Un balcon en forêt de Gracq
Fureur et Mystère de Char
La seconda volta, un film avec Nani Moretti et V. Bruni-Tedeschi de je ne sais plus qui...
Villa Triste et Dimanches d'août de Modiano...

vendredi 25 mars 2011

Opération sauvegarde du sourire, 5: Thierry Marignac

Notre ami et grand frère Marignac,  admirable écrivain, si proche des surréalistes, finalement, a sorti ces cinq titres en laissant sa mémoire en pilotage automatique. Sans le vouloir, il donne par là-même un résumé assez complet de son univers romanesque

1. Descendez-le à la prochaine, San-A.
2.Une seconde de toute beauté, F. Dard.
3.Elles se rendent pas compte, V. Sullivan.
4. Les derniers mots de Dutch Schultz, W.Burroughs.
5.Une flaque de sang dans la mort des roses(titre d'un roman jamais publié d'un ami mort).


 Thierry Marignac au travail, quelque part en Ukraine.

Opération sauvegarde du sourire, 4: George Weaver

George, un des historiques de ce blogue, bibliomane subversif semble spontanément hanté par les titres suivants. Saluons au passage la regrettée collection Anticipation de la grande époque du Fleuve Noir

Soudain l'été dernier (Manckiewicz)
Sous la robe, rien (Mario Parma)
Le Manitoba ne répond plus (Hergé)
Si par une nuit d'hiver un voyageur (Calvino. Je triche un peu, puisque la table des matières forme réellement un poème qui commence par ce vers)
Pas de Gonia pour les Gharkandes (F. Richard-Bessière)

On sera...

...samedi au salon du polar de Lens et peut-être dimanche si on n'est pas pris dans un bureau de vote. Venez nous dire bonjour et boire une bière. Ou deux, ou trois. Au-delà de cinq, je ne garantis plus la lisibilité de mes dédicaces.


Opération sauvegarde du sourire, 3: Jean-Marc Lahérrère

Jean-Marc, qui a un des blogs les mieux tenus sur le roman noir, nous a également très vite répondu:


Ilona vient avec la pluie
et
La neige de l'Amiral
Alvaro Mutis

Si par une nuit d'hiver un voyageur
Italo Calvino

L'arrache-coeur
Boris Vian

Et un film

Reflets dans un œil d'or
John Huston.

Opération sauvegarde du sourire, 2: Matthieu

Nous avons l'impression que Matthieu n'a pas tout à fait respecté l'esprit du jeu. Les beaux titres qu'il cite renvoient en effet tous à d'excellents textes:
1- Le petit bleu de la côte Ouest - JP Manchette
2 - La position du tireur couché - JP Manchette
3 - Dans la solitude des champs de coton - BM Koltès
4 - Sur les sentiers où l'herbe repousse - Knut Hamsun
5 - Enfantines - Valery Larbaud

Opération sauvegarde du sourire, 1: Shane Fenton

Shane Fenton, ministre du Doo Wop et des Girls Groups a été le premier à répondre à l'opération sauvegarde du sourire. Ses trois titres préférés qui n'ont, rappelons-le, dans le principe que nous avons établi, pas besoin de correspondre nécessairement à des oeuvres aimées sont:

- "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte" de Thierry Jonquet (roman)

- "Merry Christmas Mr. Lawrence" de Nagisa Oshima (film)

- "Le mendiant ingrat" de Léon Bloy (journal)




Feu sur le quartier général lance une enquête.

Sans que l'on sache exactement pourquoi, nous trotte dans la tête depuis que nous sommes en Bretagne, le titre d'un livre de Fruttero et Lucentini, La sauvegarde du sourire. Il ne présentait aucun intérêt particulier, d'ailleurs, ce livre, qui était un recueil de chroniques des deux maîtres du polar italiens, parues dans les journaux pendant les années 90. 
Mais le titre nous a toujours paru un des plus beaux qui soient. Et revient régulièrement nous hanter comme le premier vers d'un poème qui n'existerait pas. Provoquent également le même effet pour nous: "Au delà du fleuve et sous les arbres", "Tendre est la nuit", "Les plaisirs et les jours", "Daimler s'en va."

Nous aimerions donc lancer auprès de nos bien aimés lecteurs et abonnés l'enquête suivante: quels sont, en littérature ou au cinéma, vos cinq titres préférés (ou vos trois, ou vos deux) sachant que ces titres peuvent être ceux de livres ou de films tout à fait secondaires, voire mauvais. Seulement, allez savoir pourquoi, le titre chante en vous et provoque toujours la même petite rêverie quand il vous revient en mémoire.
Vous pouvez (ou pas) nous donner vos titres préférés soit dans un commentaire de ce billet, soit en nous écrivant à FQG.
Chaque réponse, qui n'a pas besoin d'être explicitée, sera publiée dans un billet distinct sous l'appellation numérotée, La sauvegarde du sourire, suivie du nom du contributeur. La durée de cette opération étant illimitée, vous pouvez prendre votre temps. Mais on vous espère, comme on disait autrefois.


Un ouiquènde bien chargé en perspective pour ces jeunes femmes. 
1° Voter contre l'UMP-FN dimanche
2° Etablir une liste de titres pour répondre à l'enquête sur La sauvegarde du sourire.

mercredi 23 mars 2011

Vers l'Ouest, le retour

On retourne à Brest, pour voir des lycéens qui ont lu Un dernier verre en Atlantide. On va donc pouvoir saluer "le veux célibataire" et parler de poésie avec des jeunes gens, ce qui me semble, par les temps qui courent l'acte le plus moral qui soit, ou le plus profondément politique, ce qui revient au même.
Les heures de train à venir nous enchante.nt L'I-pod est chargé jusqu'à la gueule de Nothern soul et de Girls groups sous label Laurie Records.
On va faire la route, en plus, avec un écrivain mort trop tôt, Jean-Pierre Enard, à 44 ans en 1987. A l'époque, on ne l'avait pas lu. On avait bien eu tort comme nous l'a prouvé l'ami Le Guern dont la bibliothèque sent le sable, la désinvolture et cette légèreté qui est la vraie politesse de la profondeur. (On embrasse  au passage la plus jolie fouriériste de Paris, mademoiselle K).
Dans Un bon écrivain est un écrivain mort, un recueil  d'articles posthume de Jean-Pierre Enard, on lit notamment:
"C'est toujours la vieille manie: il faut montrer patte blanche avant d'écrire. Prouver qu'on est du bon côté et qu'on a les idées propres. Or, le roman, c'est justement le contraire: les mains dans la boue et les idées sales. Plus on s'enfonce, meilleur et le résultat."
Il y a pire comme compagnon de voyage, non?
Mais comme on a peur de manquer, on va aussi prendre de la poésie et du roman noir, ce qui est souvent la même chose.
T

Tout ça est réédité par Finitude, maison bordelaise au catalogue décidément épatant.

9%...

...pour le Front de Gauche aux cantonales et plutôt 12% si on prend en compte les cantons où nous étions effectivement présents. En plus on a doublé Europe Ecologie. Il ne reste plus qu'à convaincre les électeurs du Front National qu'ils se trompent de colère, et hop, c'est bon pour 2012.
La révolution citoyenne, l'assemblée constituante, enfin tout ça quoi...
La première étape vers le communisme poétique, sexy et balnéaire.
Pour fêter ça, des lettres d'amour de Ketty Lester au coeur de la nuit, à tous nos frères et soeurs en insomnie, qu'ils soient marxistes ou non. Enjoy your soul.

dimanche 20 mars 2011

L'indispensable vote Front de Gauche aux cantonales

approuvé par le PCF, le PG, la Gauche unitaire et le comité électoral de notre zone chaviste libérée.

Et Feu sur le quartier général ne reculant devant rien, une chanson de ce cher vieux Barry White dans laquelle il exprime, comme à son habitude, son amour pour l'hypothèse communiste. 
Enjoy your vote, your soul, your sexual healing: c'est aussi ça le Front de Gauche!

samedi 19 mars 2011

Franc Coeur

Ce qu'on aura pu aimer, tout de même, quand nous avions vingt ans, la profonde gaîté d'un André Fraigneau.  Il est mort en 1991. On aurait pu se croiser puisqu'il était réédité au Rocher alors que nous y publiions notre premier roman, L'Orange de Malte. C'était en 1990. Dans L'Orange de Malte, on avait même donné au personnage féminin principal le prénom de Cynthia, à la fois parfaitement conscient de son côté kitsch mais désireux de rendre hommage à l'enchantement provoqué par la lecture de L'amour vagabond, un roman de Fraigneau qui date de 1949. Il y inventait, l'air de rien, le personnage de la jeune fille libérée en littérature,  avec beaucoup plus de style que Beauvoir et sans avoir besoin de tortiller du croupion théorique.
On n'avait pas pensé à Fraigneau depuis un bon bout de temps, et voilà qu'on tombe dans un salon du livre ancien sur  Camp volant, en édition originale, avec un envoi, en plus.
C'est le deuxième volet d'un cycle de trois livres qui seront réunis plus tard sous le titre Les Etonnements de Guillaume Francoeur. Camp volant, qui date de 1937, est un roman d'apprentissage heureux. Un roman du service militaire. C'est fou ce qu'on pouvait être libre du temps du service militaire. Quand je pense à tous les vingtenaires et trentenaires voués au précariat et larbinisés dans des petits boulots, persuadés d'avoir échappé au pire avec la fin de la conscription, je me dis qu'il devraient lire Camp volant. Histoire de se rendre compte que pendant au moins un an de leur vie, on les aurait  nourris, logés, soignés, blanchis  gratuitement et qu'ils n'auraient plus eu qu'à s'occuper de choses agréables comme tirer avec des armes à feu, marcher la nuit et lire pendant des journées entières. 
On a relu les premières pages de Camp volant au soleil, dans une chaise longue, en buvant un verre d'Amphibolite, parce que ça va bien avec un ciel bleu un peu frais et la phrase légère de Fraigneau. 
On a aussitôt oublié la fin du monde en cours.

L'humeur, l'honneur, l'horreur

Accompagné de deux brèves, vraiment de gauche, pour le coup, ici et là.
Rappelons en plus que des cantonales ont lieu demain et qu'il y a forcément un candidat partageux du Front de Gauche dans votre canton si celui-ci est renouvelable. Il semblerait néanmoins que les cantons de Fukushima-ouest et de Benghazi-centre connaissent d'après nos délégués des problèmes d'approvisionnement de bulletins de vote.

Amour, pain et fantaisie

Ce qu'il y a eu de bien, à la soirée d'inauguration du salon du livre, ce n'est pas la soirée d'inauguration du salon du livre, c'est l'after en compagnie de quelques âmes choisies au Jeu de Quilles (XIVème)

-Comment ça va?
-Savagnin!                                                   

mardi 15 mars 2011

Apocalypse Nô

Ce post, très provisoirement décontaminé, a été réalisé à la demande de monsieur Frédéric Schiffter, philosophe sans qualités qui désirait des photos décontaminantes. Il est aussi, entre extase et effroi, un hommage aux dilections de monsieur Roland Jaccard qui continuera, espérons-le à flirter en hiver (nucléaire).

lundi 14 mars 2011

Bonne nuit, les petits.


"Je sais seulement que si vous avez quelque chose qui vous tient tant soit peu à cœur, autant en faire votre deuil dès maintenant parce que tout ce que vous avez connu se disloque, s’effondre et finira en gadoue dans le crépitement ininterrompu des mitrailleuses."
George Orwell, Un peu d’air frais


dimanche 13 mars 2011

Boire ou boire, il faut choisir.

Notre ami Jean-Christophe Comor est venu dîner vendredi soir à la maison. Jean-Christophe Comor, après avoir tenté un ultime sursaut gaulliste social oldschool dans la décennie 92-02, aux côtés de Seguin, puis de Pasqua puis de Chevènement, a décidé de faire du vin. Et du meilleur. Il était dans nos parages pour le salon du vin naturel à Seclin.
Vendredi soir, donc, on a bu ça, qu'il avait bien aimablement rapporté. 
Vous reconnaitrez, de gauche à droite, la cuvée lapaquienne Au hasard et souvent, l'Abracadabrantesque, A bouche que veux tu,  La Chance (canaille mais chic), L'Analepse, L'Antidote et L'Alibi. On ne voit pas sur l'image une de stars de Comor, son rosé L'Apostrophe parce qu'il n'y avait plus de place sur la photo.
Inutile de dire que le carignan, le mourvèdre et l'ugni blanc ont chanté dans les verres et se sont biens comportés, notamment sur la poëllée de Saint-Jacques au beurre aux algues de Bordier.
Le lendemain, on est allés faire nos courses au salon, histoire d'étoffer "notre bibliothèque du bas". Ce qui explique qu'il n'est pas impossible que cette bouteille de Cheverny rouge de chez Villemade, par exemple, succombe dans la soirée alors qu'on regardera pour la vingtième fois "Je t'aime, je t'aime" de Resnais sur un scénario de Sternberg.
Je suis bien conscient de tout ce que cet hédonisme peut avoir de scandaleux alors que la France devient un disneyland préfasciste où la parole "libérée" envers nos compatriotes musulmans ressemble à radio mille-collines, que le Japon joue une répétition générale de l'apocalypse selon Gunther Anders et que les troupes de Kadhafi reprennent du terrain.
En même temps, parfois on fatigue et puis on dira que l'on montre ainsi ce que serait une société réellement communiste, sexy et balnéaire si une partie des Français daignait rebrancher son cerveau et arracher la puce de la soumission qu'on leur a implantée à la naissance.

Ce billet a été approuvé par le comité chaviste de ce blogue: Save The Planet, Drink Organic

samedi 12 mars 2011

Tous les grands ports ont des jardins zoologiques

O.N.U.


Au salon sud des délégués, boisages pâles,
Bleus de pâture tapis pleins jusqu'aux longs stores,
Au salon sud qui n'admet pas la tempérance
Là tu vins encore une fois mais clandestine.
On voyait par-delà ces murs blonds en faux voile
Défiler de flous pétroliers interminables.
Or la jeune fille secrétaire d'Etat,
En laine blanche et en bronze de ses Barbades,
Sans surprise, tenant son verre entre trois ongles,
Ecouta mon brusque silence, au salon sud.




Marcel Thiry (1969)


(anthologie établie et préfacée par votre serviteur, La Table Ronde, 440 pages, 8,50 euros)

lundi 7 mars 2011

En fait, ils ont peur...



Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n'est que déceptions et fatigues comme disait Céline qui avait bien raison mais le problème est qu'on ne peut pas voyager avec sa bibliothèque et que même le coffre d'une Studebaker Hawk Gran Turismo de 1962 ne peut contenir qu'un nombre limité de livres, surtout si on estime indispensable de porter une chemise blanche et un blazer bleu pour avaler deux douzaines de Tsarskaïa et d'Utah Beach et boire quelques bouteilles d'Amphibolite de chez Jo Landron en compagnie de Gilles Perrault.
Ainsi nous a-t-il fallu quitter l'Ouest et revenir dans l'horreur ordinaire des infamies publiques et des vices privés, des intrigues de couloir, enfin bref de tout ce qui empêche l'artiste de vivre sereinement, voire de vivre tout court. 
Mais enfin, ne nous plaignons pas. Nous, au moins, nous n'avons pas peur. Nous ne sommes en effet ni racistes, ni islamophobes, ni sarkozystes, ni riches, ni kadhafistes.
En plus, nous avons une bibliothèque dont chaque livre est une cartouche. Parfois, même, on avait oublié qu'on avait tel calibre à notre disposition. Tenez, regardant la folie furieuse de Kadhafi et son "anarchisme du pouvoir" aurait dit Pasolini , voilà que nous avons hier repensé à ce texte d'Antonin Artaud, Héliogabale, que nous n'avions peut-être pas feuilleté depuis un quart de siècle. J'aime bien dire un quart de siècle en parlant de ma propre durée. Avec ma façon indécente de tenir l'alcool et de me baigner sans problème dans une eau à 10°, ça me donne l'impression d'être tranquillement immortel.
Donc me voilà avec dans les mains, comme vous avez pu le voir dans le dernier billet, Heliogabale d'Antonin Artaud qui est une assez bonne peinture de la démence propre à une certaine façon d'exercer le pouvoir, ce qui fait qu'entre Kadhafi, et mettons un Berlusconi ou un Sarkozy, il y a une différence de degré, pas de nature.
Alors, du coup, on continue de feuilleter le mince volume artaldien et on tombe sur cette intuition assez intéressante de l'homme à la canne de Saint-Patrick, parce qu'elle décrit exactement notre climat national: 
"Il faut que les choses aillent bien mal dans le gouvernement de l'Empire Romain, pour qu'un individu que rien ne distingue, qui n'a pour lui que son caprice, sa malfaisance et une audace qui n'est pas autre chose que de la peur, puisse, à la faveur de cette peur, devenir le maître de Rome."
 Ceux qui aiment le pouvoir  de cette façon (ce n'est d'ailleurs pas le cas d'Héliogabale), ne le font pas par amour du pouvoir, ce qui ne veut pas dire grand chose, ni comme je l'ai cru longtemps par une pulsion plus ou moins consciente pour le négatif, le nihilisme institutionnalisé. 
Non, très banalement, ils veulent le pouvoir parce qu'ils ont peur. 
Si nous avons tous peur, eux ont peur de manière maladive. Et prendre le pouvoir est un moyen pour eux à la fois de se protéger de cette peur  mais aussi de faire peur aux autres pour se venger. 
Une fois, que l'on comprend (merci Artaud!) comme les peuples arabes l'ont compris, que l'on a en face de soi que des trouillards, les choses deviennent un peu plus simples.
Artaud, une dernière fois
"Quand la guerre s'en va, la poésie rentre."
Alors, à Tripoli comme à Paris, dépêchons nous.

La politique sanitaire de FQG m'oblige, par souci de contrebalancer les images traumatisantes, de mettre ici la photo d'une lectrice d'Antonin Artaud, du côté de Coutances ou de Valognes: